Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
9 octobre 2009, par

Dans deux mois, le 10 décembre prochain, sera célébrée la Journée internationale des Droits de l’Homme, à l’occasion du 61ème anniversaire de la Déclaration Universelle du même nom, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948. Cette célébration aura un sens particulièrement fort à La Réunion après les violences policières commises avant-hier à Saint-Louis.
Comme "Témoignages" l’a expliqué hier, preuves à l’appui, des représentants des forces dites de l’ordre ont eu un comportement d’une brutalité inouïe et inhumaine envers une femme et des enfants d’un quartier populaire, dans le cadre d’une procédure judiciaire, elle-même marquée par des irrégularités et des abus de pouvoir. Le tout est cautionné par des médias qui, reprenant les thèses officielles, traînent dans la boue et insultent des personnes présumées innocentes, victimes de ces abus.
Que pense la hiérarchie de ces agents du comportement de ces derniers ? Se rend-t-elle compte que le braquage de Mme Isabella Françoise et le saccage de son appartement à coups de fusils auraient pu déboucher sur une tragédie comme celle qui a frappé Théo Hilarion au Port le 7 mars 1994 ?
Avec la complicité de l’appareil d’État, qui voulait en finir avec la résistance des dockers à de graves injustices patronales, ce travailleur et militant syndical réunionnais fut abattu à bout portant par des policiers, qui l’ont mutilé à vie. Est-ce ainsi que l’on règle les problèmes sociaux d’un pays ?
Après ce qui s’est passé mercredi à Saint-Louis, on est obligé de se poser la question : comment considère-t-on les Réunionnais et sommes-nous dans un État de Droit ? Si des personnes sont concernées par une enquête judiciaire tout ce qu’il y a de plus banal, il suffit de les convoquer à la gendarmerie ou au commissariat de police, mais il est inutile, voire totalement abusif de leur faire la chasse ainsi qu’à leurs voisins.
Dans une démocratie, il y a des principes fondamentaux à respecter et l’État doit éviter des comportements arbitraires. Et une des conditions essentielles de la mise en œuvre d’une politique de développement durable à La Réunion est le respect des Droits de l’Homme dans notre pays.
L. B.
Nos peines
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