Edito

Pour un nouveau cadre unitaire

David Gauvin / 22 septembre 2020

JPEG - 107.7 ko

La charte adoptée en octobre 1906 par le 9e congrès de la CGT et connue à partir de 1912 sous le nom de Charte d’Amiens reste une référence théorique du syndicalisme en France. Reconnaissant la lutte des classes, la charte assigne au syndicalisme un double objectif et une exigence : la défense des revendications immédiates et quotidiennes des travailleurs, et la lutte pour une transformation d’ensemble de la société « par l’expropriation capitaliste », en toute indépendance des partis politiques et de l’État, le syndicalisme se suffisant à lui-même.

C’est sur cette base qu’a été séparé le champ syndical et le champ politique en France. La césure a été plus importante encore dans l’époque moderne ou tous les leaders syndicaux ont pris le parti de mettre en sommeil leur appartenance politique. Mais alors comment faire converger les luttes sans cadre d’organisation. La transformation radicale de la société ne peut se faire sans convergence des luttes.

Mais comment fait ont ailleurs ? En Afrique du Sud, le COSATU (congrès des syndicats sud-africains) est membre de l’ANC. Les syndicats sont adhérents du Labour anglais et élisent la moitié des délégués du parti. Il est en fait assez commun dans le monde que les syndicats soient membres des partis de transformation sociale, ils en sont d’ailleurs souvent à l’origine pour la défense des sans droits.

Au vu de la crise du système de représentation, ou nous avons vu une élection législative avec 15,15 % de votants, des maires élus récemment avec moins de 10 % des inscrits. Il est impossible en l’état de transformer en profondeur cette société. Ce constat étant posé, il est grand temps de réfléchir à la refondation d’un mouvement de masse dans un format nouveau associant librement monde du travail, de l’agriculture, de l’entreprenariat, de la culture, du sport et de l’émancipation des populations les plus fragiles (femmes, chômeurs, lgbtq+). Ensemble nous devons faire converger les énergies afin de faire naitre une Réunion plus libre, plus juste, qui concilie développement économique et défense de l’environnement. Nous pouvons utiliser cette crise pour faire d’un champ de ruine un jardin de tous les possibles.

« La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés » A. GRAMSCI

Nou artrouv’

David Gauvin