Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
7 novembre 2008, par

Selon “le Quotidien” de mercredi dernier, la veille, lors de l’inauguration de la journée de l’emploi organisée à la Technopole de Saint-Denis, le préfet a été « interpellé par le patron d’une petite entreprise du BTP, qui cherche actuellement désespérément des plaquistes formés ». Le préfet lui a répondu : « il n’est pas normal que des entreprises ayant besoin de main d’œuvre ne trouvent pas d’employés formés. C’est l’éternel problème de l’adéquation entre l’emploi et la formation. Il faut que nous financions des formations qui correspondent aux besoins des salariés. Avec le retour du chômage, chacun doit s’y mettre ». Et le confrère d’ajouter : « l’appel visait évidemment le Conseil régional en charge de la formation professionnelle ».
Tout le monde sait, d’une part, que la formation professionnelle n’est qu’un des moyens parmi d’autres pour résoudre le problème du chômage ; et d’autre part, que si la Région a des responsabilités en la matière, elle n’est pas la seule en charge de ce dossier, géré également par d’autres partenaires, dont l’État. Celui-ci doit notamment faire respecter la loi selon laquelle les entreprises ont à faire des évaluations prévisionnelles d’emplois et de formations. Tous les partenaires de ce chantier (Région, services de l’État, opérateurs économiques) doivent anticiper sur les formations en fonction de leurs projets et échanger des informations à ce sujet. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Paul Vergès pour les emplois créés sur le chantier de la route des Tamarins. Dans ces conditions, puisque l’État et la Région sont partenaires dans cette tâche, le préfet est mal placé pour s’en prendre à la collectivité réunionnaise. Ou alors, il aurait dû être plus précis dans sa déclaration pour ne pas offrir au “Quotidien” l’occasion de lui prêter ce procès d’intention. On peut même se demander pourquoi le préfet n’a pas démenti l’interprétation malveillante que ce journal fait de son discours. Il y a tellement de problèmes à régler ensemble dans ce pays dans le cadre du partenariat institutionnel, que l’on ne peut pas accepter qu’une telle insinuation calomnieuse soit répandue dans l’opinion. Le préfet aurait d’autant plus dû réagir qu’il avait déjà rendez-vous à ce moment-là pour présenter hier les plans d’actions de formation mis en place par la Région et l’État pour réaliser les futurs grands travaux, notamment ceux du tram-train. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Nous le disons encore une fois : face aux graves problèmes à résoudre à La Réunion, l’indispensable partenariat institutionnel exclut toute attitude sectaire et politicienne. Personne ne peut se poser en arbitre ou en donneur de leçon. Il faut un respect total de chaque partenaire.
L. B.
Nos peines
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