Edito

Pour une alternative à la loi climat des lobbies

David Gauvin / 10 mai 2021

La loi climat a été adoptée à l’Assemblée nationale. Comme prévu, la majorité a retoqué quasiment toutes les propositions de la convention citoyenne. Mais plus grave, l’évaluation des effets de la loi ne permet pas de respecter les engagements climatiques de la France.

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Ce 4 mai, l’Assemblée a adopté en première lecture le projet de loi climat. Ce texte était le résultat d’un travail de 8 mois mené par les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Le texte compte désormais 69 articles et s’articule autour de grands thèmes, la consommation, l’alimentation, le transport, le logement. Si le gouvernement se félicite, évoquant 75 mesures mises en œuvre et 71 autres en cours d’application, le jugement des 150 membres de la CCC est un peu plus sévère.

Sur leur site, ils comptent seulement 13 mesures « appliquées intégralement », 25 « partiellement reprises », 45 « débattues », 24 « en danger » et 42 « insuffisante ou abandonnée ». Mais pire, « L’étude d’impact accompagnant le projet de loi tiré de la Convention citoyenne reconnaît ainsi que les mesures proposées ne permettront pas, en l’état, de tenir les objectifs de baisse d’émissions de 40% à horizon 2030 ». Tout ça pour ça, alors que l’Etat a été condamné par le Conseil d’Etat à présenter des mesures permettant de respecter les objectifs des accord de Paris. Mais comme toujours, le pouvoir libéral nous incite à croire qu’il n’existe pas d’alternative.

En réponse, le collectif « Plus jamais ça » regroupant des ONG et des syndicats (Oxfam, la CGT, la FSU, ATTAC…) ont publié hier un rapport nommé « Pas d’emploi sur une planète morte », qui détaille des objectifs réalistes et des mesures alliant justice sociale et climatique. On peut citer, la semaine à 32h, la relocalisation solidaire ou encore la confiance dans la techno science. Entre l’écologie punitive et décroissante et l’écologie de façade, il existe une troisième voie : l’écologie sociale créatrice d’emploi encrée dans le concret. Ici aussi, nous avons aussi des politiques intéressés par l’avenir de la planète…ou plutôt de la séquence médiatique générée. Après 11 ans de mandats à la tête de la Région, le bilan écologique de Didier Robert est infra négatif, alors que la Réunion était avant 2010 citée en exemple partout dans le monde. N’est pas Paul Vergés et le PCR qui veut.

« Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne par la gorge » Winston Churchill

Nou artrouv’

David Gauvin