Pourquoi vouloir faire peur ?

26 avril 2005

Dans son édition d’hier, “le Quotidien” rend compte de l’ouverture de la campagne de l’UDF-Réunion pour le “oui” au référendum du 29 mai prochain. C’était dimanche dernier à Saint-Pierre. Un député UDF de la circonscription Île-de-France au Parlement européen était invité à ce meeting, il s’agit de Jean-Bernard Lehideux.
Notre confrère rapporte qu’il est "irréaliste pour l’élu UDF que le 29 mai prochain “la France pose son sac et s’assoie sur le bord du chemin". Et “le Quotidien” de décrire "une image pour rappeler combien les Français ont à perdre s’ils devaient vivre sans les fonds structurels", ajoutant même que ce sont "des subventions et aides que les élus UDF ne veulent pas voir disparaître à La Réunion".
Force est de constater qu’une nouvelle fois certains cherchent à faire peur en trompant l’opinion, pour faire passer le “oui”. Car nulle part dans le texte sur lequel les électeurs doivent se prononcer le 29 mai prochain, il n’est écrit que si un pays refuse le traité, il sera exclu de la politique régionale et ne bénéficiera plus des fonds structurels.
Bien au contraire, une procédure de révision est prévue en annexe. Et si le projet de Constitution est refusé, alors le Traité de Nice continuera à s’appliquer. Chacun peut d’ailleurs constater que depuis l’entrée en vigueur du Traité de Nice, La Réunion bénéficie des fonds structurels dans le cadre de son partenariat avec l’Union européenne.
Donc, nous demandons bien volontiers à ceux qui affirment que voter “non” au référendum risque d’exclure La Réunion des fonds structurels, de nous préciser d’où ils tirent de pareilles informations. À moins que tenter de faire voter dans la peur soit le moyen d’éviter d’élever le débat ? Devant faire face le 29 mai prochain à un choix de société, l’électeur mérite au contraire qu’on le respecte en élevant le débat.

Manuel Marchal


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