Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 mars 2016, par

Ericka Bareigts arrive aujourd’hui à La Réunion. Elle sera là deux jours. Ce n’est plus la députée qui fait un séjour dans sa circonscription. Elle est un membre du gouvernement en visite. C’est d’ailleurs la préfecture qui a adressé le programme de sa visite à la presse, pas l’attaché parlementaire d’Ericka Bareigts. Elle est donc traitée comme n’importe quel membre du gouvernement. Cela lui impose donc des devoirs.
Le premier d’un ministre ou d’un secrétaire d’État, c’est la solidarité avec la politique du gouvernement. Ces dernières années, plusieurs ministres ont rompu ce pacte. On se souvient de Delphine Bato, ministre de l’Écologie, d’Arnaud Montebourg, ministre de l’Économie et de Benoît Hamon, ministre de l’Économie solidaire. Après avoir publiquement critiqué le gouvernement, ils ont dû démissionner dans les heures qui ont suivi. Christiane Taubira a pour sa part affiché un désaccord face à la dérive sécuritaire de ce gouvernement. Celle qui était Garde des Sceaux a choisi de prendre les devants et de démissionner avant que ne commence le débat parlementaire visant à inscrire dans la Constitution des mesures telles que l’état d’urgence ou la déchéance de nationalité.
Cela signifie que si Ericka Bareigts a accepté d’être nommée secrétaire d’État, elle a également accepté le principe de cette solidarité sans faille. À quelques heures de sa visite, un communiqué de la Fédération socialiste de La Réunion a d’ailleurs préparé le terrain. Il montre le soutien total de ses dirigeants à la loi qui prévoit de réduire les droits des travailleurs. Un texte que le MEDEF serait prêt à voter des deux mains.
Le gouvernement veut passer en force sur ce texte, il manœuvre en espérant diviser le front des syndicats. C’est dans ce contexte que la nouvelle secrétaire d’État vient à La Réunion. Rarement un gouvernement n’a entrepris de remettre en cause si profondément les droits des travailleurs, Ericka Bareigts est donc comptable de cette politique. Que répondra-t-elle aux syndicats qui pourraient l’interpeller ?
Un autre dossier brulant est celui de la survie de la filière canne-sucre. En août 2014, François Hollande avait promis de soutenir la demande de relèvement de l’aide de l’État auprès de l’Union européenne. Lundi dernier, Younous Omarjee a déclaré que selon les informations en sa disposition, aucun dossier n’a été déposé. Cela fait donc un retard de 18 mois sur la parole présidentielle. Un membre du gouvernement vient deux jours à La Réunion, quelle sera son attitude ? Si Ericka Bareigts ne dit rien, les planteurs ont toutes les raisons de s’inquiéter pour leur avenir. Si elle s’exprime, elle doit prendre des engagements.
En pleine crise sociale, économique et politique, on n’en attend pas moins d’une secrétaire d’État à l’Égalité réelle en visite à La Réunion.
Nos peines
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