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20 octobre 2010, par

Les « accords historiques », c’est comme les “Grenelle” et autres “grandes consultations” : à force de les multiplier pour ne rien faire, à force d’employer de grands mots pour accoucher de petites choses, on finira par leur ôter toute force… c’est-à-dire toute crédibilité.
L’actualité récente montre, à La Réunion et sur la scène internationale, que le label « historique » ne vaut plus grand-chose aux yeux de ceux qui l’invoquent. Prenons, par exemple, Didier Robert, de retour dans notre île après la “re-signature” des Accords de Matignon — déjà surnommés « Matignon – 1 » par les moucatages, parce qu’il compte un projet de moins que le protocole précédent.
En pleine conférence de presse, le Président de la Région n’a pas manqué de souligner l’importance « historique » du document qu’il a fini par rapporter de Paris, après une série d’annonces ratées.
Historique ? Rien que ça même. L’humilité n’est décidément pas le point fort de l’ancien maire du Tampon : il en convient d’ailleurs lui-même, lorsqu’il déclare presque en rougissant « avoir la faiblesse de croire » qu’il est un « fin négociateur ». C’est en ces termes que, sous les ors matignonesques, l’aurait loué un François Fillon tout sourire. Et pour cause ! En renonçant à la clause de révision prévue par l’Accord Vergès-Villepin de 2007, au profit d’un forfait de quelques dizaines de millions, le président de la Région Réunion a fait un bien beau cadeau au Premier ministre. Par les temps qui courent, cela ne doit pas lui arriver très souvent. Qui sait ? Peut-être a-t-il même trouvé que la volonté de se faire plumer exprimée par Didier Robert avait elle-même une dimension « historique ».
Moucatage, nous rétorquera-t-on. Peut-être. Néanmoins, on nous concèdera sans peine que qualifier d’« historique » un voyage en France où on tripote les accords signés par d’autres pour mettre sur des bus l’argent destiné à un train, et où on s’engage pour des travaux routiers dont on ne sait ni le coût, ni la difficulté, est passablement moucatable.
Didier Robert n’a d’ailleurs pas le monopole du procédé : hier, les ministres des Finances de l’Union européenne ont élaboré une nouvelle liste des punitions destinées aux membres de l’UE qui, demain, s’écarteraient de la sacro-sainte « discipline budgétaire ».
En clair : les États qui n’appliqueront pas vite fait la rigueur et les coupes qui appauvrissent les pauvres et enrichissent les riches devront en payer le prix. Rappelons-le : quand on dit « les États », cela veut dire les contribuables. Du moins, ceux qui ne bénéficient pas des exonérations, passe-droits et autres « boucliers » qui permettent à quelques autres de ne rien payer du tout, et même de gagner une petite monnaie avec le Trésor public.
Moralité : on va devoir mettre la main à la poche lorsque les entreprises et les gouvernements perdront leur argent et le nôtre. Et c’est cela, paraît-il, qui est « historique ».
G.G.-L.
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