Edito

Quand des jeunes se prennent en main...

J.B. / 23 février 2018

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Hier, des jeunes lycéens ont manifesté à Saint-Louis. Ils craignent les conséquences de nouvelles règles qui vont dégrader les conditions d’enseignement. En seconde, ils sont actuellement en moyenne 24 élèves par classe, et ils craignent de passer à 35 par classe. Ils rappellent que le lycée Antoine Roussin accueille principalement des élèves issus de collèges classés REP. Ceci signifie que ces jeunes sont issus d’établissements où les difficultés pour suivre le programme sont établies, ils doivent donc avoir droit à des moyens supplémentaires pour avoir une possibilité de passer dans de bonnes condition ce filtre que constitue le système éducatif.

À quelques kilomètres de là, d’autres jeunes se sont installés à la mairie annexe de la Ravine des Cabris. Ils demandent un emploi. Ils en ont assez de rester toujours à l’écart et estiment qu’il y a de la place pour eux dans les services municipaux. Les agents de la structure exercent leur droit de retrait et sont soutenus par un syndicat. Ils disent ne pas pouvoir travailler dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

Dans ces deux mouvements, des jeunes se prennent en main. Ces actions soulignent la crise qui touche la jeunesse. Il y a d’une part celle qui se bat pour avoir des moyens suffisants pour sortir du système éducatif avec un diplôme qui leur donnera plus de possibilité pour éviter le chômage. Il y a d’autre part celle qui a quitté l’école, qui se retrouve sans emploi et qui accumule les années de chômage sans perspective d’avenir.

Dans les deux cas, ces jeunes se sont organisés par eux-mêmes pour monter des actions afin qu’ils se fassent entendre.

Dans notre île, plus de la moitié des moins de 25 ans sont au chômage. C’est la conséquence d’un système qui leur refuse le respect de leur droit au travail, un droit pourtant inscrit dans la Constitution de la République. Si des mesures ne sont pas prises pour aller vers une remise en cause totale de ce système, ces mouvements de jeunes vont continuer. Même si la nature de leurs actions peut déranger, elle rappelle que face aux injustices du système, des jeunes n’ont rien à perdre. Ce sont toujours ces personnes qui ont été le moteur des changements qui ont amélioré la situation de la population.

J.B.