Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
14 janvier 2013

L’engagement de la France a été rapide depuis vendredi et a surpris plus d’un observateur. Même les États Unis, pourtant habitués à tirer avant de discuter, se sont interrogés devant tant de précipitation. Le Président de la République a pris la décision, sans respecter les procédures parlementaires, d’une part, et sans attendre la résolution des Nations unies, d’autre part. Les socialistes nous avaient pourtant habitués à plus d’égard devant le respect des règles démocratiques quand ils officiaient dans l’opposition parlementaire.
Deux raisons officielles sont avancées. Il s’agit de répondre à l’appel du Président malien et de protéger les intérêts français dans cette ancienne colonie française.
Concernant la première raison, nous sommes dans un classique postcolonial où, des dizaines d’années après l’indépendance, le pouvoir se déchire et s’affaiblit sur fond de coups d’État, avec la bienveillance de l’ancienne puissance coloniale : la France. Le Président malien actuel assure l’intérim d’un gouvernement issu d’un coup d’État dont le Président autoproclamé a été contraint de démissionner pour permettre l’intervention de forces militaires africaines. Les forces islamistes se sont engouffrées dans les failles de la cohésion du pouvoir politique et militaire. Elles progressaient sans rencontrer de véritables résistances. Au cœur de Bamako, la capitale située à plus 500 km du théâtre des opérations, une manifestation populaire appelait à la démission du gouvernement, incapable de répondre aux demandes sociales des masses.
La crédibilité de la France est engagée dans ce soutien apporté à un pouvoir illégitime, totalement responsable de la situation actuelle. La 2ème raison est un classique mille fois répété : les intérêts français sont menacés. Quels intérêts ? En effet, quand les tombes de Tombouctou, patrimoine de l’Humanité et des Maliens, sont détruites par les islamistes, la France n’intervient pas. Les insurgés finissent par s’emparer du Nord du pays et à installer une gouvernance depuis plusieurs mois. Maintenant, le ministre de la Défense annonce qu’il y a 6.000 Français à Bamako, la capitale. Apparemment, cela justifie la défense des intérêts français.
La France est une puissance militaire. Elle peut arriver à repousser les islamistes, mais si elle ne réussit pas à les éliminer, alors elle aura créé un précédent qui pèsera sur les intérêts français qui se trouvent partout dans le monde. Et cela me fait penser à Confucius qui aurait déclaré : « Vous n’aurez jamais assez de sentinelles pour protéger tout le jade que vous aurez amassé ». Moralité, la cause du malheur français, ce sont bien les intérêts amassés depuis des siècles de colonisation. La France ferme les yeux quand les Maliens expriment leur souffrance sociale et lorsque leurs patrimoines culturels sont détruits, définitivement.
Ary Yee Chong Tchi Kan
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