Edito

Quand la France paiera-t-elle sa dette envers Madagascar ?

Manuel Marchal / 22 février 2020

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Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a rencontré son homologue malgache ainsi qu’Andry Rajoelina, président de la République de Madagascar. Ces échanges s’inscrivent dans le cadre d’une tournée entamée à Maurice et qui doit s’achever au Mozambique.
Un accord a été signé portant sur une aide de la France d’un montant de 14 millions d’euros pour l’éducation. Le deux États ont également signé un accord-cadre d’une durée de 3 ans, dans le domaine de la coopération.

Jean-Yves Le Drian a aussi annoncé que le déblocage d’une aide de 120 millions d’euros et de prêts d’un montant de 120 millions d’euros pour soutenir le Plan Emergence Madagascar. Le ministre a affirmé que la question de la gestion de ce que la France appelle « les îles Eparses » est renvoyée à la Commission franco-malgache annoncée l’année dernière, lors de la visite d’Andry Rajoelina à son homologue français, Emmanuel Macron. Cette Commission ne s’est par réunie depuis le mois de novembre. Rappelons que la France continue à occuper ses îles malgaches malgré l’indépendance de Madagascar.

Sans doute ces annonces visent à compenser la perte d’influence de la France dans notre région vis-à-vis d’autres acteurs qui s’implantent fortement à Madagascar, notamment la Chine, les États du Golfe ou le Canada. Elles interviennent au moment où la France a pris deux décisions s’appliquant aux îles malgaches toujours occupées : la création d’une réserve naturelle à Nosy Sambatra et le non-renouvellement d’un permis de forage pétrolier exploratoire.

Certains pourraient penser que ces aides et ses prêts sont un acte de solidarité de grande ampleur. Il importe de relativiser. Avant l’invasion française de Madagascar à la fin du 19e siècle, le niveau de vie dans cet État était comparable à celui du Portugal. Quand Madagascar est redevenue indépendante en 1960, c’était loin d’être le cas et cela ne l’est toujours pas. Pour que le niveau de vie chute à ce point, c’est qu’un transfert massif de richesses s’est effectué au profit du colonisateur. En effet, sous la domination française, de nombreux Malgaches étaient obligés de travailler gratuitement pour des colons, dont la majorité venait de La Réunion.
Cela donne une idée de l’ampleur de la dette que la France a contracté vis-à-vis du peuple malgache, qui doit se compter au moins en dizaines de milliards d’euros. Une dette qui s’est sans doute accrue au cours de ces 50 dernières années. C’est pourquoi les annonces du ministre français ne sont qu’une goutte d’eau dans ce que son pays doit à Madagascar. Manifestement, la France est encore loin de vouloir payer sa dette envers Madagascar.

M.M.



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  • Article navrant qui est signé probablement par le parti ( pris ) de son auteur, très jeune vraissemblablement, qui a peu ou pas vérifié ses sources ; si l’histoire n’est pas son fort au moins qu’il n’affirme pas des contrevérités aisément vérifiables ( il est prequ’aussi mauvais que Nicolas Demeurant ou Yann Moit ; pourvu qu’il ne prenne pas ça pour un compliment ! )

    Certes, faut que tous le monde bosse, quand bien même on aurait été formaté dans une de ces écoles de journalisme à 2 balles productrices de clones sans vergogne ( voir le sens précis du mot " vergogne " qui dans ce que fut notre langue signifiait à la base " retenue " ; hélas comme nous le voyons trop souvent, trop de jeunes ne savent plus se retenir et ceci dans tous les domaines ).Comme il est loin le temps des Albert Londres ou encore Joseph Kessel !

    Je vis moi-même à Mada et je suis très motivé à ce que la population de l’ile retrouve le plus vite possible des conditions de vie et de développement décents et annonciatrices de stabilité et de cohérence. Pour l’heure c’est le règne de l’inconséquence.

    En 1960 à La Réunion comme à Madagascar, les conditions de vie et de développement étaient très similaires avec même un plus pour les infrastructures à Mada.
    L’impôt par capitation qui avait hélas succédé à l’esclavage n’y était plus pratiqué.
    Dire que les Réunionais sont venus travailler à Madagascar est une imposture de plus, chacun appréciera compte tenu du fait historique établi de venue massive de population malgache à La Réunion dès le 18e siècle - l’ile étant dépourvue d’habitants autochtones - et la toponymie en atteste largement : Mafat = Mafaty en Malgache.

    Dire que la France serait seule responsable de ce qu’il faut bien appeler le " déclin " de Madagascar est encore une autre imposture et ici chaque malgache le sait pertinement bien.

    Certains pensent même qu’un " protectorat" avec un parlement pris dans les " élites " locales aurait constitué un moindre mal et un point d’équilibre et de référence. Ils sont très nombreux chez ceux qui n’ont plus 30 ans. C’est un peu similaire à ce que vit l’Algérie : le bluff l’a emporté sur la raison et De gaulle le leader déviant, du coup, s’est trouvé en capacité de financer sa chère bombinette une fois soulagé des " dépenses " coloniales.
    Effectivement les achats privilégiés des productions coloniales à des taux bien supérieurs aux cours mondiaux de l’époque - pour tenter de soutenir l’économie locale - ne permettaient aucunement d’engranger les " milliards d’€ " énoncés par l’auteur.

    Les japonais seraient en droit de traîner les états unis devant un tribunal mondial pour le mal fait à Hiroshima et Nagasaki ; de même Madagascar et l’Algérie seraient plutôt en position de citer la france pour " abandon de poste " par rapport aux " valeurs " véhiculées par la france ( les algériens comme les malgaches ont bien entendu versé leur sang pour la patrie au cours des 2 guerres mondiales, mais pour toutes les autres aussi ), des valeurs de droit à la sécurité, à la santé, mais aussi d’équipement, de droit à l’éducation, de liberté d’expression, de décence économique qui n’ont plus cours dans ces pays et que les peuples étaient en droit d’attendre de l’état français d’abord, mais aussi par transfert de principe avec les promesses de l’indépendance qui prophétisait alors l’espoir d’un surcroît de bénéfices et de de nouvelles libertés unqe fois débarassés du " tyran " colonisteur et surement raciste de surcroît. ( roulés dans la farine ils ont été, massacrés aussi lorsque pas " dans le bon sens de l’histoire " et manipulés ultérieurement par leurs livres d’histoire tel notre auteur à ce qu’il parait )

    Ce bénéfice attendu d’une gestion " entre soi " plutôt que l’abominable gestion du pays colonisateur n’a pas tenu ses promesses , c’est le moins qu’on puisse dire, et accuser encore et encore la france ne change rien aux faits : la révolution n’apporte que duperie, attente vaine et misères comme cruautés inutiles alors que la lutte au sein d’un système perfectible permet de progresser : le statut actuel de La Réunion en est la preuve !

    Les français d’aujourd’hui, comme d’autres peuples " avancés ", luttent toujours même si d’aucuns prétendent que ce sont des vaux.
    Demain les exigences de démocratie participative seront incontournables, nous allons vers une sixième république : fini la délégation du pouvoir à un parti, à un syndicat, à un homme " providentiel ", à des politiciens qui font ce qu’ils veulent pour une période donnée sur la base d’un vote exprimé une fois et la plupart du temps dans le doute et la confusion ( voir chapitre Brexit et considérer les lamentables taux de participation si révélateur du dégoût de l’électorat ) un vote ensuite jamais ré-évalué ; le principe même de délégation de la " chose publique " la république c’est déjà fini ; tous ne le savent pas encore mais demain ce sera la vraie démocratie sans Cahusac, ni Benjamin GrivOis, ni Fillon en costard ; ce sera comme dans les mairies et y aura beaucoup moins des candidats à un poste de Vrai reponsable tant l’exigence de transparence et de résultats en temps réel sera pregnante ! C’est multi ethnique, multi culturel, bref c’est mondial : que ce soit en france, en catalogne, à Hong Kong, au liban en bolivie, en argentine etc.
    Qui plus est un sérieux doute sur la capacité du genre masculin à avoir l’exclusivité de la mauvaise gestion et des tensions inutiles sur cette planète commence à émerger partout avec des conséquences prévisibles pour ce qu’il en est de cette prééminence injustifiable !
    Même Madagascar met " en avant " une façade de femmes au gouvernement !

    Actuellement à Madagascar on vote pour le candidat qui offre le plus de tee shirts et les gendarmes ( même uniformre que le nôtre ) vous arrètent tous les 30 bornes ; pas la peine de sortir la carte grise juste un billet de 5000 Ariary ( 1,25 € ) et ça repart.
    La france serait-elle restée plus longtemps dans une loyale coopération, et bien le boulot serait fait et ça fonctionnerait ni mieux ni plus mal qu’à La Réunion ; c’est à dire mieux qu’en Guadeloupe/Martinique et qu’en Guyanne !

    Le mal de Madagascar c’est d’abord le clientèlisme puis la procrastination ; mais ces cancers de l’état n’ont rien à voir avec la france ; en particulier avec la france actuelle qui n’est que très peu représentée dans l’exploitation des ressouces minières désormais principales ressources économiques de l’ile, plutôt vendue aux chinois, coréens et multinationales nord américaines voire aux états du golfe.
    Je finirai cette diatribe qui sera probablement censurée, par la dénonciation de l’exemple du Portugal cité " en comparaison de ce qu’aurait été Mada dans les années 60.
    Ridicule : ni la grèce, ni l’espagne, ni le sud de l’italie, ni le portugal ne peuvent être comparés à un pays tropical !

    Bien sûr il y avait dans tous les cas des boeufs qui tiraient des charrettes sur des pistes non goudronnées et les enfants marchaient pied nus et ils avaient faim ; par dessus le marché le taux d’analphabètes voisinait le 90 %, l’usage de la " liberté " inconnu et la mortalité extrème.
    Quelques exportations achetées à prix d’or par la métropole permettait d’aligner des chiffres plutôt destinés à faire illusion au contribuable français qui toujours dindon de la farce en était toujours de sa poche !
    Dire que Madagascar " atteignait " ce niveau là à l’instar de mayotte et de la réunion est hélas à peu près exact ; de là à s’en servir pour " démontrer " un avantage en terme de résultat économique !!! C’est un non-sens, c’est historiquement malhonnète et c’est donc absurde.

    Jean-Louis Candelier,
    ( citoyen européen debout, non journaliste et sans parti ! )

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  • Il faudrait aussi citer pourquoi les dirigeants ont dilapidé le pays. C est un peu simplet votre analyse de reporter cela à la France.

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  • "Avant l’invasion française de Madagascar à la fin du 19e siècle, le niveau de vie dans cet État était comparable à celui du Portugal. Quand Madagascar est redevenue indépendante en 1960, c’était loin d’être le cas et cela ne l’est toujours pas"

    Non mais sérieusement vous tirez vos sources d’où ? Que savez-vous de Madagascar d’avant 1896 ? Pas grand chose vraisemblablement, car Madagascar avant 1896 n’était qu’un champ de bataille inter ethniques partiellement unifié autour du royaume d’imerina avec des antagonismes forts entre Merina et côtiers (toujours existants) où les uns étaient les esclaves des autres.
    Le niveau de vie était moyennageux et la colonisation n’a en tout cas pas dégradé le niveau de vie. C’est faux que d’affirmer cela. La preuve, et sans mépris de ma part car j’en suis heureux, ceux qui vivent comme cela sont très heureux (sans les standards occidentaux) comme les vezo sur la Côte sud ouest de Mada.
    Que la colonisation ait eu des méfaits sur la structuration de la société malgache, sans aucun doute mais nul ne saura jamais ce qui se serait passé sans cet épisode. Et ce n’est pas en continuant à laisser penser aux malgaches que ce n’est pas de leur faute s’ils en sont là où ils sont que vous allez leur rendre service.
    Le cépamafautisme prédomine à mada et les discours comme les vôtres contribuent à cet état d’esprit qui les conduit à ne rien faire pour s’en sortir vu que c’est la faute des frantsay.

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  • Et si Mada serait devenu un DOM au lieu de devenir indépendante il y aura 60 cette année ? Est-ce que ce serait mieux ? Qui a une des idées ? Pas facile, Madame Soleil n’existant plus, on ne plus l’appeler en faisant 3615 Soleil, en 2020. Bonne fin de semaine et WE, c’est Carnaval ! Arthur.

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  • On lit bien dans ce commentaire "Et si Mada serait devenu un DOM au lieu de devenir indépendante il y aura 60 cette année ?"
    Pourtant la réaction précédente donne bien une partie des choses, on croirait entendre le cahier du FN. Pillé et soumettre le peuple légitime de ce pays pendant toutes ces années là ou le malgache était plus bas que toutes les autres composantes de l’île. Pilé oui Mer et terre et forces vives, on pourrait ajouter pire encore ASSASSINES. Pour prendre un exemple près de 100.000 malgaches tués par l’armée française pour le motif d’un peuple se révoltant contre l’exploitation et la famine organisé §
    Essayer de ramener ce nombre au nombre de la population sans état de guerre d’affrontement ! Ainsi pour continuer à mettre la main sur les richesses de mettre en place lors de l’Indépendance un regime et des hommes bien soumis. Plan majeur développement à comparer le pourcentage des enfants scolarisés ? nombre d’hôpitaux ? des voies de liaison et route d’accueil portuaire .... Bon si on compare et se contente d’être assisté ou sous perfusion, on peut voir les choses comme dans "Et si Mada ...

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  • L’indépendance malgache a été accaparée par la bourgeoisie malgache. Le pays reste livré aux prédateurs capitalistes français, canadiens, américains et chinois.
    Ce qui manque à Madagascar comme dans tant d’autres pays, c’est un vrai parti communiste des travailleurs, indépendant de la bourgeoisie nationale et des pays impérialistes.

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  • On apprend cela en lisant vos lignes en ces 60 ans d’indépendance. Que c’est triste, honteux, injuste en effet de voir ce pays dans cette situation. Où est donc passé l’argent donné par la France, d’autres pays "amis" ? Dans les paradis fiscaux comme Maurice, Monaco, les iles Caiman, ailleurs, qui sait ? Mystère.
    Jusqu’au dernier on continue à bruler les arbres, même les baobabs, la corruption, les secrets, rivlalités internes, tout ça fait et explique la situation actuelle, malgré les associations, ONG, le père Pédro qui se démène, d’autres moins médiatisés. Concernant les transports, le rail en particulier, à Madagascar, avec un réseau féalisé par la France donc avec le smême écartement popur les voies, et aujourd’hui dans un état de délabrement à faire peur, je me suis toujours demandé pourquoi la France, au lieu de donner de l’argent à fond perdu, enfin, par pour tout le monde, et ceux à qui il était destiné qui n’en voit jamais la couleur, pourrait offrir du matériel ferroviaire qui dort, rouille tranquillement, quel gâchis !
    Prendre pour exemple, le dépôt de Sotteville les Rouen où, à perte de vue, on stoke des enfins roulants, locomotives, wagons, voitures pour passagers, parfois en service il y a peu encore. Sur You Tube, on peut facilement le voir, j’en suis persuadé, on peut faire quelque chose d’utile pour Madagascar, quitte à gèner les bourgeois, Arthur qui aime le rail, à la Réunion, Maurice France etc.... Tchou tchou....... Vive les trains.

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  • Il y a tant à faire dans cette région sud de l’Océan Indien, que les décideurs prennent conscience et réalisent de beaux projets, tout est à re faire, en attendant, d’après ce que j’entends et lis, c’est la résignation qui a gagné, et ça, c’est pas top pour la jeunesse, quelle qu’elle soit, porte ouverte à la corruption, au clientlisme, voilà où on en est là bas, quel gâchis ! Arthur.

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