Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 mars 2017, par

Les nombreuses visites ministérielles et les candidats à la présidentielle qui font étape à La Réunion ont souvent un point commun : vanter la richesse de l’apport des outre-mer à la France. Hier, Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, n’a pas dérogé à cette règle. Ainsi, pour le représentant du gouvernement, les outre-mer sont un formidable atout pour la France.
Cette affirmation se vérifie dans l’histoire. En effet, les décisions fondamentales concernant La Réunion ont été prises en fonction des intérêts de la France. Quand la France a eu besoin de café, La Réunion est devenue un des premiers producteurs mondiaux. Mais quand le pays qui était alors la métropole a pu trouver moins cher et moins loin du café, alors il s’est désintéressé de celui produit dans sa lointaine colonie.
Au début du 19e siècle, la France est chassée de Saint-Domingue par la révolte des esclaves. Ils fondent la République d’Haiti. L’exploitation de ce pays avait fait de lui le premier exportateur de sucre. Du jour au lendemain, la France était privée de cette ressource. C’est alors qu’il a été décidé que La Réunion allait contribuer à suppléer la perte de Saint-Domingue, car notre île est un terreau favorable à la canne à sucre.
Au cours du 19e siècle, le sucre de betteraves s’est développé en France, ce qui a rendu moins intéressant le sucre de canne. La première guerre mondiale a ruiné d’importantes régions betteravières en France. Là encore la France s’est tournée vers La Réunion pour qu’elle augmente sa production en sucre. Elle a donné des contingents aux usines, qui permettaient aux industriels d’avoir un débouché assuré pour un volume de production donné. Mais aujourd’hui, la France peut se passer du sucre réunionnais. Les progrès de l’industrie sucrière européenne, et l’ouverture du marché européen à la production d’autres exportateurs de sucre de canne suffit à répondre à ses besoins. Dans quelques mois, ce sera donc la fin des quotas sucriers.
Une autre richesse des outre-mer, c’est leur position stratégique. Les discours rappellent qu’avec cet atout, la France est la seconde puissance maritime mondiale.
La situation sociale de La Réunion montre le résultat de ses apports à la France : le chômage massif. Il est grand temps que La Réunion soit un atout pour elle-même. Le PCR revendique une collectivité unique dotée de larges responsabilités. Cette nouvelle gouvernance a pour but de donner les moyens aux Réunionnais d’être les bénéficiaires de la création de richesses dans leur pays.
J.B.
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