Edito

Quand le pouvoir contribue à l’enrichissement personnel

J.B. / 10 novembre 2018

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Une nouvelle révélation concernant Didier Robert vient une nouvelle fois accentuer la coupure entre une certaine classe politique et la population. Imaz Press Réunion a en effet rendu compte d’une décision du Conseil d’administration de la SPL Réunion des Musées régionaux, datant du 3 juillet 2018. « Il appartient donc au Conseil d’administration de la SPL de procéder à la régularisation de ce qu’il aurait omis dans la délibération par laquelle, procédant à la désignation, il devait en fixer la rémunération. Il est donc proposé au Conseil d’Administration de fixer la rémunération de PDG à 6.800 euros net par mois », précise le document cité par Imaz Press Réunion qui précise que cette « régularisation » a été adoptée par un vote à main levée à l’unanimité moins une voix.

Rappelons qu’une SPL, société publique locale, est une structure financée par des fonds publics, et qui permet d’attribuer à un élu le titre de PDG et une rémunération qui va avec. C’est une des raisons qui explique le choix de la Région Réunion de dissoudre l’ARER, Agence régionale de l’énergie Réunion, et confier les missions de cette structure à la SPL Energie. En effet, l’ARER, créée sous la mandature de Paul Vergès, était une association. Garder ce fonctionnement n’aurait pas permis au représentant de la Région amené à présider l’ARER d’avoir un salaire, d’où la création de la SPL Energie.

Il est à noter qu’une rémunération de PDG de SPL n’est pas une indemnité d’élu, et donc tombe intégralement dans la poche de son bénéficiaire. C’est un exemple de plus de la manière dont une certaine classe politique se sert du pouvoir pour s’enrichir sur le dos de toute la population, y compris les plus pauvres. En effet, la SPL Réunion des Musées régionaux a comme principale recette une subvention de la Région Réunion. Or, la Région Réunion est financée par différentes taxes dont l’octroi de mer qui est payé par tout le monde.

Le plus scandaleux dans cette affaire, c’est que le bénéficiaire de ce système est plus que surémunéré. Qui peut en effet croire qu’un président de Région puisse consacrer au moins 35 heures par semaine à la direction d’une société en plus du temps qu’il consacre à la gestion de la collectivité ? C’est bien une nouvelle politique qui est nécessaire à La Réunion, en rupture avec des méthodes d’une certaine classe politique qui utilise le pouvoir comme source d’enrichissement personnel.

J.B.