Edito

Quand les jeunes Réunionnais se révoltent

J.B. / 16 novembre 2017

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Après l’annonce de la création de la police de sécurité du quotidien, d’autres initiatives visent à faire face aux mouvements d’expression des jeunes qui peuvent revêtir des formes violentes dans notre pays. L’une d’entre elles émane du maire du Port, qui veut interdire la circulation sur une partie de l’avenue de la Commune de Paris.

Logiquement dans n’importe quel pays, la jeunesse est la plus importante richesse. C’est en effet un réservoir de créativité et de dynamisme considérable. Dans notre île, cette jeunesse est maltraitée. Elle est abandonnée par le système qui lui fait bien comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue. En effet, plus de la moitié des jeunes sont au chômage.

Dans ces conditions, la plupart des jeunes envoient un message de défiance. Si seulement 25 % des électeurs ont voté systématiquement cette année, cette proportion est plus faible encore chez les jeunes. Ils refusent en effet par leur vote de soutenir un système qui ne leur fait pas de cadeau.

La société réunionnaise est profondément inégalitaire. Elle permet à une partie de la population de bénéficier d’un niveau de vie égal voire supérieur à celui de catégories sociales équivalentes en France. Cela se fait au prix d’une pauvreté largement répandue, avec près de la moitié de la population sous le seuil national. Croire que les victimes de ce système vont se laisser faire sans rien dire est illusoire. Puisqu’elles considèrent que les élections ne changent pas la situation, certaines décident de s’exprimer d’une autre manière. Cela peut aller jusqu’à défier les symboles de l’autorité en adoptant des conduites volontairement hors-la-loi, voire en retournant leur colère vers ces mêmes représentants de l’autorité.

Face à l’ampleur de la crise, des responsables imaginent alors toutes sortes de mesures pour tenter de rassurer ceux qui votent, et qui sont donc à même de leur attribuer ou retirer le pouvoir. Mais tout cela ne s’attaque pas au fond du problème : qu’est-ce qui explique qu’à La Réunion, le système refuse un travail à plus de la moitié des jeunes ?

C’est bien une autre société qu’il faut construire à La Réunion et cet objectif est la raison de la création du Parti communiste réunionnais voici 58 ans, et de tous les combats qu’il mène.

J.B.