Edito

Quand Palestiniennes et Israéliennes s’unissent pour la paix

Jean / 12 novembre 2018

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Le documentaire 55’ est à cette adresse : www.publicsenat.fr/emission/documentaires/les-guerrieres-de-la-paix-85087

On y découvre que, mis à part la chaîne Public-Sénat, jamais aucun média n’a accepté de parler de manière aussi longue et détaillée des initiatives de paix unissant populations d’Israël et de Palestine.
Pourquoi cette censure ? Dans l’intérêt de qui ? Et pourquoi les “grands médias“ refusent-ils de parler de ces initiatives alors même que les femmes porteuses de ce mouvement parviennent aujourd’hui à obliger la Knesset à les accueillir ?

Cette semaine, l’une des réalisatrices de ce documentaire — Hanna Assouline, documentariste franco-marocaine — est venue le présenter. La salle était bondée d’une assistance, musulmane, israélite, chrétienne, athée et, lors du débat, la question unanime était : pourquoi les grands médias s’ingénient-ils à ne pas relayer ce type d’information dont on voit bien qu’il s’agit d’une démarche de paix ?

Pour moi, la réponse ne se trouve pas dans l’allégation mille fois répétée : « le devoir de permettre à une religion persécutée d’être en sécurité dans un pays », il s’agit essentiellement de maintenir un abcès de fixation dans une région regorgeant de la source d’énergie indispensable au fonctionnement de l’économie mondiale. L’affrontement de deux des religions du Livre n’est que le prétexte émotionnel avancé pour présenter le conflit de la manière la plus manichéenne possible avec — selon qu’on est pro-israélien ou pro-palestinien — les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Or, ainsi que le démontre ce documentaire, les femmes d’Israël et les femmes de Palestine refusent cette présentation fallacieuse qui ne sert qu’à entretenir la guerre d’un côté comme de l’autre.

Cette guerre ne contrevient pas à la réalité de toutes les guerres : si nombre d’hommes y perdent la vie, quelques centaines d’hommes en vivent très bien, s’en servent pour asseoir leur pouvoir … et, des deux côtés, les mères sont priés de s’accoutumer — par patriotisme —à vivre un deuil perpétuel.

Au bout du bout, depuis des millénaires, est-ce que les hommes, jaloux de n’avoir pas le pouvoir de donner la vie, ne s’ingénient-ils pas à trouver les moyens d’avoir le pouvoir de disposer à leur guise de toutes ces vies données par les femmes ?

Regardez, s’il vous plaît, ce documentaire. Même si le chemin à parcourir vers la paix est encore long, il donne l’espoir car ce documentaire prouve que les représentantes de ces deux peuples qu’on s’évertue à dresser l’un contre l’autre ont décidé de prendre en main leur destin et de construire un monde différent.

Et si vous doutez, pensez à l’Afrique du Sud. Les descendants des huguenots français installés en 1688, y ont opprimé, avec une constance et une brutalité sans limite, les africains. Et c’est pourtant dans ce pays déchiré par l’Apartheid que, le 27 avril 1994, Nelson Mandela est élu président. 

Jean