Edito

Quartiers pauvres ou quartiers de pauvres ?

Julie Pontalba / 13 novembre 2020

L’Insee a noté qu’en 2016, La Réunion comptait 31 000 cadres et 94 000 personnes au RSA. Ce décompte recouvre beaucoup de réalités.

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Photo Toniox.

Sur le plan du pouvoir d’achat, un cadre dispose mensuellement de 3000 euros, et peut encore évoluer. L’autre dispose 500 euros et n’a pas de perspective d’amélioration par l’emploi. Sur une année, la réalité est celle-là : 36 000 euros pour une catégorie et 6 000 euros pour l’autre.
Sur le plan des inégalités sociales, pour 3 fois plus de personnes on a 2 fois moins de revenu. Sur 12 mois, les 94 000 allocataires cumulent 564 millions d’euros. Les 31 000 cadres disposent d’un pouvoir d’achat cumulé de 1 116 millions.
Dans ces conditions, comment imaginer l’intégration sociale ?

En 2018, l’Insee note dans une analyse sur « Cartographie de la pauvreté à La Réunion : Plus de la moitié des Réunionnais vivent dans des quartiers précaires ». Pour l’institut « La pauvreté monétaire, la structure familiale et l’habitat sont les principaux facteurs socio-économiques qui différencient les quartiers entre eux, des plus précaires aux plus favorisés. » D’après vous dans quels quartiers vivent les 31 000 cadres et les 94 000 RSA ?

L’éradication de la grande pauvreté est l’objectif numéro 1 des 17 objectifs du développement durable pour le millénaire. La cartographie de la pauvreté de l’Insee est une mine de renseignements privilègiée pour en finir avec les ghettos. Mais pour agir, rien ne remplacera la prise de conscience réelle de ce fléau.

Julie Pontalba