Edito

Que l’épargne des Réunionnais profite au développement de notre Pays

David Gauvin / 16 avril 2021

L’Institut d’Émission des Départements d’Outre-mer (IEDOM) a publié hier un rapport relatif à la conjoncture financière mesurée fin 2020. Le bilan met en exergue une très forte croissance de l’épargne des ménages, résultat de la période de confinement et de la chute de consommation qui en a résulté.

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La consommation et l’épargne des ménages sont au centre du débat économique contemporain. D’un point de vue théorique, la formation de la consommation et de l’épargne oppose depuis plus de soixante ans les partisans d’une approche par la demande, souvent qualifiés de « keynésiens », aux adeptes d’une approche par l’offre, les « classiques » ou « néoclassiques ». D’un point de vue empirique, les comportements de consommation, qui constituaient les postes les plus stables des modèles économétriques de conjoncture jusqu’à ces quinze dernières années, connaissent depuis lors, dans les grands pays industrialisés, et notamment en France, des ruptures inexpliquées et une grande instabilité, qui appellent un réexamen de leurs déterminants. Du point de vue de la politique économique enfin, se pose la question récurrente de savoir s’il faut tenter de « relancer » la consommation, et par quels moyens, ou s’il vaut mieux inciter les ménages à épargner plus, afin de faciliter le financement de l’économie.

Après une baisse d’activité sans précédent durant le confinement (-28 % d’activité), l’économie réunionnaise fait preuve de résilience, aidée par une situation sanitaire maitrisée dans l’île et par des soutiens publics importants. Ainsi, après une chute brutale, l’indicateur du climat des affaires issu de l’enquête de conjoncture de l’IEDOM s’améliore sur la seconde partie de l’année pour se rapprocher de sa moyenne de longue période. Sur l’ensemble de l’année, les chefs d’entreprise interrogés estiment une baisse de 9 % de leur chiffre d’affaires (CA) en moyenne pour 2020 par rapport à 2019.Sur une étude couvrant la période de décembre 2019 à fin septembre 2020, l’IEDOM révèle une hausse spectaculaire de l’épargne des ménages, avec des actifs financiers en progression de plus de 700 millions d’euros au total. En parallèle, une chute des crédits est observée. Cette tendance est également constatée avec les sociétés non financières dont les actifs financiers augmentent de près d’un milliard d’euros sur la même période, ici en revanche, accompagnée par les financements bancaires consentis, imageant la politique d’octroi massif de prêts garantis par l’État.

Pour le directeur d’Institut d’émission des départements d’outre-mer de la Réunion (Iedom) Gilles Lesellier, cet argent est l’enjeu de la relance économique de l’île. "C’est un moteur qui n’a pas été utilisé. Tout l’enjeu de la période à venir est basé là-dessus. ». Néanmoins nous pouvons escompter autre chose comme relance pour notre économie. En effet, affecté à la consommation dans un modèle économique colbertiste, ces flux financiers vont être rapatrié en France. Au contraire, il faut permettre aux Réunionnais d’être acteur de leur développement en leur permettant de contribuer à un Fond Réunionnais pour le Développement chargé de financer les mesures prises dans le cadre de la Conférence Territoriale Elargie. A l’image du livret A qui finance le logement social, le fonds de développement serait affecté exclusivement aux efforts d’investissement qui doit nous permettre de développer notre Pays. La capacité d’épargne des Réunionnais peut nous permettre de prendre en main notre destin pour développer notre Pays. C’est ainsi que l’on pourra être acteur d’un développement vertueux.

L’épargne permet l’investissement et l’investissement permet l’épargne. Garcia Moune

Nou artouv’

David Gauvin