Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
11 mars 2017, par

En septembre prochain, les quotas sucriers seront supprimés dans l’Union européenne. Septembre, c’est dans six mois. La conséquence de cette décision est très importante pour La Réunion. En effet, le sucre réunionnais sera face à la concurrence de celui fabriqué en Europe et Amérique latine.
Depuis 10 ans, le Parti communiste réunionnais alerte sur cette échéance. En effet, l’adhésion de l’Union européenne à l’Organisation mondiale du commerce ne pouvait déboucher que sur d’importantes conséquences. Elles sont liées à l’abattement des frontières. À partir du moment où le régime sucrier européen a été condamné devant l’organe de traitement des différends de l’OMC, alors il était clair que le sucre réunionnais allait devoir se confronter à la concurrence mondiale. La seule incertitude reposait sur la date. Quand le PCR appelait à se préparer à cette échéance, il faisait l’objet de critiques. En 2007, un directeur de l’agriculture et de la forêt avait même déclaré en conférence de presse qu’il n’existait pas « d’échéance 2014 ».
Pourtant, en 2014, les négociations de la nouvelle Politique agricole commune de l’Union européenne ont commencé. Elles ont débouché en 2015 sur la décision de supprimer les quotas sucriers en 2017. C’était la suite logique de la construction d’un marché unique mondial selon les règles ultra-libérales de l’OMC. Cette période de 10 ans aurait dû être utilisée pour construire une agriculture capable de résister à la fin des quotas sucriers. Tout près de nous, Maurice a préparé l’arrivée de cette date inéluctable. Nos voisins ont transformé leur filière en industrie de la canne. Depuis 2009, ils sont confrontés à la concurrence mondiale. 8 ans plus tard, la canne à sucre pousse toujours à Maurice, car l’échéance a été anticipée.
À La Réunion, l’avenir est suspendu au versement d’une subvention annuelle. Elle devra donc être reconduite chaque année dans le budget. Pour cette première année sans quota, l’État a chiffré son effort supplémentaire à 28 millions d’euros. Mais à 6 mois de la fin des quotas et à un peu plus de trois mois de la coupe, le prix d’achat de la canne à sucre payé par l’usinier au planteur n’est toujours pas connu. Que signifie ce retard ?
J.B.
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