Quelle retraite en 2050 ?

19 juillet 2005

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Depuis hier se tient à Tours, dans le centre de la France, le 25ème congrès international de la population. Selon plusieurs articles de presse présentant l’événement, la population du monde atteindra 8 à 10 milliards d’habitants dans moins de 50 ans. Mais l’Union européenne perdra 20 millions d’habitants, avec une exception française à la hausse.
La tendance est aussi à un vieillissement de la population en Europe : la part des personnes âgées va donc augmenter en France. Aussitôt, de nouvelles menaces apparaissent pour les acquis sociaux. L’augmentation de la part des personnes âgées de plus de 60 ans dans la population totale est le prétexte pour allonger la durée totale du temps de travail, tout en diminuant les droits des travailleurs à une retraite décente : il faut travailler plus longtemps pour avoir le droit à une retraite complète.
Or, qui à La Réunion pourra justifier de 40 ans de cotisations sociales alors que notre île connaît un taux de chômage intolérable, dépassant les 30% de la population active ? Parmi les milliers de jeunes qui chaque année sortent de l’école, combien seront-ils à avoir droit à davantage qu’au minimum vieillesse ?
Les perspectives démographiques en Europe montrent que si l’on continue sur la piste de l’allongement du temps de travail pour compenser l’augmentation de l’espérance de vie, l’impasse se profile. Dans “le Figaro” d’hier, Jean Vignon, responsable de la démographie à la direction générale de l’emploi à Bruxelles, parle d’"aller vers un système plus souple, sans fixer un âge légal de départ à la retraite". Le retour du travail à perpétuité ?
N’oublions pas que les luttes sociales ont permis d’arracher de meilleures conditions de vie et de travail qui permettent de vivre plus longtemps, et donc de profiter plus longtemps de son droit à la retraite.

Manuel Marchal


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