Edito

Qui pilote le paquebot La Réunion ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 14 septembre 2019

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Une directive européenne a durci les contrôles phytosanitaires d’entrée des fruits frais sur le territoire européen. C’est une menace directe sur l’exportation des fruits d’origine réunionnaise en direction de la France, à commencer par les letchis, en fin d’année. Bizarrement, l’ananas et la bananes ne sont pas concernées. Cela a soulevé l’indignation des opérateurs d’envoi de colis en fin d’année.

Les Comores ont exigé que tous les étrangers entrant sur leur territoire présentent un carnet de vaccination. Paniques dans certains milieux et en particulier pour la compagnie aérienne Air Austral . Plusieurs interventions ont eu lieu pour avoir des clarifications et prendre les mesures qui s’imposent.

L’usine sucrière de Bois-Rouge est en panne et les planteurs enragent. C’est la cinquième panne. En conséquences les cannes non traitées restent au champs et constituent une perte sèche pour les planteurs qui sont déjà en manque de trésorerie. Une demande de compensation est en cours mais personne ne sait si cela va aboutir.

L’achat de Vindémia par le GBH continue à faire des vagues. Après la réaction de François Caillé, hier, c’est au tour de la CPME Réunion de rappeler le danger d’un monopole dans la distribution. Il l’a fait au cour d’une conférence de presse de rentrée où il a rappelé la défense des intérêts des TPE-PME.

Tous ces faits d’ordre économique nous ramènent à une réalité : nous ne vivons pas ne vivons pas dans une bulle. Les opérateurs économiques réunionnais ont laissé s’installer des monopoles tant que cela servaient leurs intérêts immédiats. Ils n’ont pas vu qu’à long terme, ils seront les perdants du système néo-colonial. Tereos, coopérative de planteurs de betteraves, a fait l’OPA sur la filière industrielle de la canne, avec une facilité déconcertante. Mais, au lieu de s’attaquer à ce régime socio-politique, de nombreux opérateurs ont préféré s’attaquer au PCR qui a lutté souvent seul pour protéger globalement les intérêts Réunionnais. Au bout de ses 60 ans, le PCR est à la pointe du débat pour une Assemblée Réunionnaise dotée de larges compétences.

Que proposent les autres ? Au PCR, nous pensons que la réponse à toutes ces indignations sont légitimes et politiques, loin des arrangements techniques. Tant qu’il n’y aura personne pour piloter La Réunion, ce sera ainsi.

Ary YEE CHONG TCHI KAN