Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
17 avril 2015

Dans notre édition d’hier, nous rappelions combien les places allaient être très chères dans la liste de la coalition UMP-UDI-Objectif Réunion. Cela sera encore plus vrai pour ceux qui veulent partir sous l’étendard d’une certaine « Gauche unie ».
Le premier tour de chaque élection régionale permet de mesurer le poids des principales forces politiques à La Réunion. Que les socialistes partent avec une ou deux listes, le résultat est une constante. Ils peinent à dépasser 15 % des suffrages.
En 1983 : 12,99 % et sièges ; en 1986 : 14 % et 6 sièges ; en 1992 : 10 % et 5 sièges ; en 1993 : 10 % et 5 sièges. En 2004, sous l’impulsion de Michel Vergoz le PS casse l’union et monte une liste de socialistes et de Verts contre l’Alliance. Il plafonne à 15 % et obtient 7 sièges. Même tactique en 2010 avec un résultat encore plus désastreux. Malgré le renfort de PSR et du MRC, le PS n’obtient que 13 % des suffrages au premier tour. Sans aucun espoir de l’emporter, il refuse le désistement républicain au second tour, ainsi que la proposition de fusion de l’Alliance, arrivée en tête au premier tour avec plus de 30 % des voix. Son maintien entraîne la défaite de l’Alliance, tout cela pour avoir au final 6 sièges, dont 5 seulement pour les socialistes de la Fédération.
Les Réunionnais paient aujourd’hui les conséquences de ce vote. Sous Didier Robert, le nombre de Réunionnais inscrit à Pôle emploi est passé d’un peu plus de 130.000 à 175.000. C’est la conséquence de la casse des grands projets dont Paul Vergès avait réussi à négocier le financement.
Pour des observateurs, un rapprochement est en cours entre le PS, le Progrès et PLR. Ils s’appuient sur la constitution d’un groupe « Gauche unie » au Conseil départemental. Ils se fient aussi aux votes à l’Assemblée nationale de la députée PLR. Membre du groupe communiste à Paris, elle s’est déjà démarquée de l’orientation de son groupe lors des votes stratégiques. Le dernier exemple est le projet de loi « Santé », cible de nombreuses contestations. Lors du vote solennel sur l’ensemble du texte, le groupe des députés communistes a voté contre, Huguette Bello a voté pour, comme les députés socialistes. Cette coalition n’est donc pas une nouveauté. Elle s’était constituée pour les élections européennes. Ce scrutin est le seul avec les régionales à considérer La Réunion comme une circonscription unique, ce qui veut dire que tous les électeurs réunionnais ont le choix entre les mêmes listes, quelle que soit la commune où ils votent.
Aux Européennes, la liste regroupant la coalition de la « Gauche unie » avait réalisé 15 %, loin derrière celle de l’Union pour les Outre-mer arrivée en tête avec 23 % des suffrages. Ces 15 % renvoient au poids électoral du vote socialiste lors des élections régionales.
La liste qui réalise un tel score au premier tour ne peut prétendre tout au mieux que récolter 6 sièges. Alors imaginez comment faire tenir un cuirassé dans un dé à coudre… c’est tout le défi qui attendra le PS, le Progrès et PLR s’ils décident de faire une coalition, tout en sachant que parmi les conseillers régionaux sortants, il est difficile de croire que tous sont prêts à passer la main. Les places seront donc très chères aux régionales.
Nos peines
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