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30 octobre 2009, par

C’est un sujet souvent tabou ou trop rarement abordé dans les médias, pour les raisons que l’on connaît : c’est le non-respect du Réunionnais dans son pays. Or l’on a des preuves et des illustrations quotidiennes de cette infériorisation des Réunionnais dans tous les domaines.
Par exemple, plus de 63 ans après la proclamation — par une loi — de l’abolition du statut colonial de notre île, sur le plan économique et social, celle-ci continue d’être dominée par des rapports de production, un système commercial, bancaire, fiscal et financier injuste, où les droits fondamentaux des Réunionnais — et notamment des plus pauvres — ne sont pas respectés. Dépendant des grands groupes européens et multinationaux, ce peuple n’est pas libre de répondre à ses besoins et à ses intérêts propres.
De même, l’identité culturelle réunionnaise est tous les jours dénigrée, infériorisée, méprisée, voire niée par les comportements assimilateurs. La reconnaissance de l’égalité entre la culture réunionnaise, notre langue créole, nos richesses historiques, nos valeurs philosophiques et celles de France est plus que jamais un enjeu essentiel pour faire respecter notre propre dignité et préserver la diversité culturelle de l’humanité.
Dernier exemple (mais il y en a d’autres) du non-respect du Réunionnais : il n’a pas le droit de décider lui-même comment mener une politique équitable des revenus, des prix, des taxes, impôts et frais bancaires. La violation de ce droit prouve que la décolonisation n’est pas encore terminée.
Certes, grâce aux luttes menées par les forces vives du pays avant et après la loi du 19 mars 1946, des progrès ont pu être réalisés dans tous ces domaines. Par ailleurs, certains Réunionnais assimilés, qui profitent du système comme leurs chefs et collaborent avec eux, sont complices de toutes les formes d’exploitation et d’oppression imposées à leur peuple.
Mais tout cela illustre en fait la réalité la plus importante d’aujourd’hui et de demain : si nous ne changeons pas ce système inhumain, de plus en plus de Réunionnais vont en souffrir et notre société va exploser ou imploser. Il est donc vital à la fois d’être tous conscients de cette réalité et de nous unir dans l’action autour de ce cri du cœur et de la raison : rèspèkt anou !
L. B.
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