Edito

Retour du train à La Réunion : cauchemar des transporteurs ?

Manuel Marchal / 13 août 2020

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Dans une interview publiée par notre nouveau confrère « Mobil’idées », Louis Carpaye, porte-parole du GIE Cap Run en charge du réseau Car Jaune donne son point de vue sur la question des déplacements à l’échelle de notre île.
Voici notamment ce qu’il déclare au sujet du Schéma régional des infrastructures et des transports :
« Il faut que nous soyons pragmatiques. La Réunion a loupé le rendez-vous du rail. On ne va pas revenir sur le pourquoi ni sur le comment. Il faut trouver une alternative pas chère, efficace et rapide. Dans ce contexte économique et social difficile, nous aurons du mal à maîtriser à la fois du foncier et des financements pour le mode ferré. Nous transporteurs nous avons toujours préconisé le développement des bus et autocars avec des voies dédiées. On pourrait y injecter suffisamment de nouveaux véhicules type Bus à haut niveau de service de nouvelle génération à hydrogène (…) Il faut arrêter de faire rêver les Réunionnais sur des projets ferrés complexes ».

Manifestement, les propos du représentant des transporteurs montrent que si les Réunionnais rêvent de train, l’éventualité du retour du train est un cauchemar pour les transporteurs. Or, il n’existe pas de recette miracle. Tous les habitants des régions densément peuplées dans le monde ont un train, ou rêvent d’un réseau ferré pour mettre fin aux interminables embouteillages et à la pollution. La Réunion se rapproche du million d’habitants, concentrés sur à peine 600 kilomètres carrés urbanisés. Pour que les transports collectifs puissent être attractifs, la circulation en site propre est nécessaire. Et un couloir pour deux bus se croisant n’est pas moins large qu’une voie ferrée prévue pour que deux trains qui se croisent.

Le train n’est pas là pour remplacer les Cars Jaunes et leurs salariés. Si le chantier démarré avant 2010 par la Région Réunion présidée par Paul Vergès avait eu droit à la continuité de l’action publique, ces transporteurs auraient pu constater que la nouvelle politique des déplacements qui allait en découler avait besoin au moins d’autant de bus. Ces nouveaux réseaux de bus devaient s’organiser autour des gares ferroviaires, comme dans n’importe quel pays développé.
Le train n’est donc pas un concurrent aux bus, mais un complément qui peut leur apporter encore plus d’activité. En effet, à partir du moment où un usager peut utiliser un train moderne, pas cher et rapide, pourquoi encore utiliser une automobile pour aller jusqu’à la gare si à proximité il existe un arrêt de bus desservi fréquemment pour ce lieu ?
C’est pourquoi le train ne doit pas être un cauchemar pour les transporteurs, mais un rêve réunionnais largement partagé qui ne manquera pas de se concrétiser à plus ou moins brève échéance.

M.M.



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  • Vive le train, vite, on en a marre de tous ces bouchons, cause de perte de temps précieux, donc d’agent aussi finalement ; cette pollution aux micro particules cancérigènes ces accidents, cette place perdue pour se déplacer en vélo, trottinette, rollers... Je rève d’un TER péi qui reliera Ste Rose à St Joseph, aussi bien pour les personnes que pour les marchandises, surtout qu’il y en a de plus en plus. Sans oublier les téléphériques, comme celui entre Cilaos et St Leu, d’autres sur St Denis, qu’attendent les autres communes pour relier les hauts au littoral ? Arthur qui pédale dans la pollution à la Réunion, île tropicale de plus en plus polluée hélas. Est-ce que les pollueurs se sentent-ils responsables, je n’y crois pas, mais qu’ils ne me disent pas qu’ils aiment leur île, la preuve, il n’y a qu’à se ballader, que ce soit en ville, à la plage, sur les sentiers, même au volcan ! Il y a de quoi faire, comme on a fait en octobre dernier, "opération clean the world", à refaire.

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