Edito

Risques naturels : le quotidien d’un Réunionnais sur quatre

J.B. / 27 juin 2017

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L’Université de La Réunion accueille aujourd’hui des Assises régionales des risques naturels. Organisée par l’État, l’Université et la Région, cette rencontre rassemble des responsables de services de l’État, des élus et des intervenants de notre région sur un sujet qui concerne La Réunion au plus haut point. En effet, notre île est montagneuse et se situe sous les tropiques. Elle est donc particulièrement sensible aux cyclones, pluies torrentielles, glissements de terrain sans oublier l’inéluctable montée du niveau de la mer. 200.000 Réunionnais vivent dans des zones à risque, c’est le quart de la population.

En 2006 sous la présidence de Paul Vergès à la Région Réunion, la collectivité avait organisé avec l’Université un séminaire intitulé « La Réunion face aux risques naturels ». Cette manifestation visait à prévenir et agir face aux conséquences des risques d’origine géologique et climatiques des pays de la région du Sud-Ouest de l’océan Indien. Tous nos voisins étaient représentés par des délégations venues des Comores, de Madagascar, de Maurice et des Seychelles. Il rassemblait des scientifiques, des responsables politiques et des services de protection civile venu de tous ces pays. Tous avaient alors pu échanger sur l’intérêt de partager des informations et sur l’idée de renforcer davantage les liens dans un esprit de co-développement. Dans ce projet, La Réunion était pressentie comme apporter sa contribution en tant que centre de prévention face aux risques et pôle d’intervention auprès des pays de notre région touchés par des catastrophes.

À cette époque, La Réunion était un élément moteur de cette réflexion. Son président était d’ailleurs un parlementaire qui avait permis à la France d’adopter une loi faisant de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et pour l’adaptation au changement climatique une priorité nationale. Paul Vergès a d’ailleurs été président de l’ONERC depuis sa fondation jusqu’en novembre dernier. L’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique remettait chaque année au gouvernement un rapport sur la question de l’adaptation au changement climatique. Cela concernait notamment les outre-mer, ainsi que toutes les zones littorales.

Ces dernières années, ce leadership a été perdu. C’est ainsi que la Martinique a pu obtenir d’être la collectivité qui expérimentera l’énergie thermique marine alors qu’il était convenu que cela soit La Réunion quand Paul Vergès était président de la Région Réunion. La part des énergies renouvelables a diminué et un projet défiant la montée du niveau de la mer a été lancé et concentre la majorité des investissements. Gageons que ces Assises puissent replacer La Réunion sur le chemin novateur qu’elle poursuivait.

J.B.