Edito

Route de Cilaos : l’urgence impose de revoir les priorités de la Région Réunion

J.B. / 10 février 2018

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Les pluies qui se sont abattues sur l’Ouest et le Sud de l’île hier ont de nouveaux d’importantes conséquences.

À Cilaos, l’espoir revenait à la suite de l’avancée des travaux pour permettre à nouveau aux poids lourds de ravitailler le cirque. La solution provisoire actuelle impose en effet un détour par l’Ilet à Furcy puis le passage sur un radier. Les camions ne peuvent emprunter la passerelle qui est dimensionnée pour le passage d’une seule voiture de front.

Mais cet espoir s’est évanoui hier en raison des pluies. C’est ce que rappelle un communiqué de la Direction régionale des routes :

« Sur la RN5 Route de Cilaos, suite aux dernières précipitations, le radier provisoire dans le lit de la rivière entre Ilet à Furcy et Ilet Alcide est submergé et endommagé. La circulation est impossible dans ce secteur.

La route est fermée à la circulation jusqu’à nouvel ordre.

Les convois initialement prévus à compter de demain samedi 10 février sont annulés jusqu’à nouvel ordre. »

Autrement dit, la route de Cilaos est de nouveau coupée à tous les véhicules depuis cette veille de week-end. Il faudra attendre la baisse du niveau de l’eau pour entreprendre de nouveau les travaux pour rétablir le radier provisoire afin de laisser passer les véhicules légers. Quant aux poids lourds, il sera encore nécessaire de patienter avant qu’ils puissent de nouveau ravitailler le cirque de Cilaos.

Ce nouvel incident rappelle toute la difficulté à sécuriser la route actuelle. La recherche d’une solution définitive à ce sujet fait l’objet d’une certaine cacophonie du côté de la Région, gestionnaire de la route. En effet, Paul Técher, maire de Cilaos et conseiller régional, avait indiqué que la construction d’une route sécurisée ne pourra pas intervenir avant la fin du chantier de la route en mer. Compte-tenu des aléas qui ne cessent de retarder les travaux de cette dernière, l’incertitude est de mise. Quelques jours plus tard, le député David Lorion, ancien conseiller régional, rappelait l’existence d’études sur la sécurisation, et soulignait qu’il était possible de lancer les travaux. Le lendemain, Didier Robert, président de la Région, faisait une nouvelle promesse, celle de faire construire des ouvrages d’art pour éloigner la route dans les secteurs le plus exposés aux chutes de pierre. Des fonds seraient disponibles pour lancer ce chantier, paraît-il.

Rappelons que cela fait 7 ans que Didier Robert dirige la Région, et une de ses promesses de campagne lorsqu’il a remporté la présidence de la Région grâce à l’aide du PS, était de multiplier les investissements dans le Sud. Il était notamment question d’importants travaux de modernisation de la RN3. À ce jour, les Réunionnais peuvent constater que rien n’a avancé dans ce domaine.

La Région a la responsabilité des routes nationales. Elle doit donc œuvrer le plus rapidement possible pour que la RN5 reliant Cilaos soit sécurisée. Mais a-t-elle les moyens de le faire compte-tenu de l’hypothèque considérable qui pèse sur les finances de la collectivité en raison du chantier de la route en mer, dont le coût et la durée de réalisation sont inconnus ?

J.B.