Edito

Route du littoral : l’ouvrage de protection construit sous Paul Vergès a encore sauvé des vies

J.B. / 9 mars 2018

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Hier matin, un éboulis sur la route du littoral a causé des dégâts matériels et comme toujours pour pareil événement, une vive émotion. Le fait s’est situé à l’entrée de la route du littoral côté Saint-Denis, dans la partie où la route est constamment à quatre voies et ne peut pas être basculée sur le côté mer. Un important volume de roches s’est détaché de la falaise pour échouer dans le piège à caillou, un fosse surmontée d’un mur de gabions haut de plusieurs mètres. Un bloc rocheux a pu franchir l’ouvrage de protection et a terminé sa course sur les voies côté mer, causant des dégâts matériels.

Cette chute de pierre est intervenue à 7 heures du matin, alors que la route était basculée avec une seule voie pour aller de Saint-Denis à La Possession. Les voitures sont alors prises dans l’embouteillage en attendant leur tour pour passer. Pour anticiper le risque ce matin, le nombre de voies en direction de l’Ouest n’a pas été réduit. Ceci permet aux véhicules quittant Saint-Denis de rester moins longtemps sous la partie de la falaise qui a fait des dégâts hier. En conséquence, c’est à La Possession que s’est formé un gigantesque embouteillage. Car c’est l’heure de pointe pour aller à Saint-Denis depuis l’Ouest et le Sud. Une très grande partie des 60.000 véhicules par jour dans ce sens de circulation transitent en effet à cette heure et se retrouvent donc bloqués car ils n’ont qu’une voie de circulation au lieu de deux.

L’ampleur limitée des dégâts de cette catastrophe est due aux travaux de sécurisation menés par la Région Réunion quand elle était dirigée par Paul Vergès. 100 millions d’euros ont été investis pour recouvrir la falaise de filets, et constituer un piège à galets sur 12 kilomètres constitué d’une fosse et d’un mur de gabions de plusieurs mètres. Cet ouvrage a rempli hier sa fonction, évitant sans doute un drame. Cet ouvrage de protection avait pour but de corriger l’erreur d’aménagement décidée par l’État quand il a choisi de construire une première route du littoral et de persévérer avec une seconde. C’était un moyen provisoire de limiter les dégâts d’une route impossible à sécuriser. Sa durée de vie devait en effet se limiter à quelques années, car le tram-train et la nouvelle route du littoral devaient être mises en service au plus tard en 2017.

Le choix de Gilbert Annette de créer les conditions de l’élection de Didier Robert à la présidence de la Région en 2010 a tout remis en cause. En effet, les deux chantiers ont été annulés, remplacés par une route en mer dont tout au mieux les Réunionnais ne verront la mise en service de la partie entre Saint-Denis et la Grande Chaloupe dans quelques années. Entre la Grande Chaloupe et La Possession, les travaux n’ont pas commencé faute de matériaux disponibles ! Cela signifie que le provisoire va durer. Heureusement que la présidence de Paul Vergès a permis aux Réunionnais de bénéficier de cet ouvrage de protection. Cela a sauvé des vies car l’essentiel des pierres tombées de la falaise ne passe plus.

J.B.