Edito

Route en mer : inquiétant quitte ou double avec la vente de la Zourite

Manuel Marchal / 17 février 2020

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Pour poser les piles du viaduc de la route en mer, le Groupement qui a décroché le marché a utilisé un navire spécialement adapté, dénommé « Zourite ». Hier, Antenne Réunion a annoncé la nouvelle suivante : « La Région Réunion a donc réussi à vendre sa méga-barge, un outil indispensable pour poser les piles de la Nouvelle Route du Littoral. La Zourite va quitter La Réunion ce mercredi. Et elle va se rendre à Rotterdam aux Pays-Bas ». Ceci signifie donc deux choses :

- le viaduc n’est plus une alternative au projet de digue qui a mis le chantier dans l’impasse, car il n’existera plus mercredi de matériel capable de poser des piles sur les coulées de lave sous-marines ;
- il sera impossible de réparer le viaduc en cas d’effondrement d’une ou plusieurs piles, car il n’existera plus à La Réunion d’outil capable de poser les mêmes piles. Par conséquent, le viaduc ne pourra pas être réparé et la route en mer deviendra alors inutilisable.

C’est donc un inquiétant quitte ou double que vient de tenter la Région, si c’est elle qui est bien à l’origine de cette bien curieuse décision. Le précédent de l’effondrement du pont de la rivière Saint-Etienne rappelle qu’un viaduc n’est pas indestructible. Dans ce cas, les capacités techniques et financières existaient pour reconstruire sous la présidence de Paul Vergès. Dans le cas d’un effondrement du viaduc de la route en mer, il ne sera pas possible de réparer tant qu’une machine capable de poser des piles ne sera pas disponible.

Manifestement, les responsables de cette décision veulent encore placer tout le monde devant le fait accompli. Cela signifie qu’ils veulent que se poursuive le déraisonnable entêtement de construire une route en digue sans que les matériaux ne soient disponibles à La Réunion pour l’achever.

La vente annoncée de la barge « Zourite » rappelle l’urgence d’une expertise technique, financière et environnementale du projet actuel afin de déterminer quelle serait la solution la plus réaliste pour réussir à sécuriser l’itinéraire entre Saint-Denis et La Possession.

M.M.