Edito

Route en mer : la catastrophe de Gênes rappelle qu’un viaduc peut s’effondrer

J.B. / 16 août 2018

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Mardi à Gênes en Italie, un viaduc de 45 mètres de haut s’est effondré. Il portait une autoroute. Au moins 39 personnes sont mortes, et de nombreuses sont blessées. Parmi les automobilistes qui circulaient sur le pont écroulé, certains ont bénéficié d’un miracle et s’en sont sortis vivants. Ce drame est survenu sur un ouvrage coutumier de travaux d’entretien, alors qu’il était balayé par de fortes pluies.

Pour les Réunionnais, ce drame a une signification importante. Car sans doute les concepteurs du viaduc écroulé ont garanti qu’il n’y aurait jamais une catastrophe de ce type. Et pourtant… Or, dans notre île, un viaduc est en construction au-dessus de l’océan Indien. Comme le trafic automobile est voué à augmenter en raison de l’arrêt du chantier du tram-train, si jamais le viaduc de la route en mer est mis en service, il accueillera chaque jour sans doute près de 100000 véhicules par jour, pris dans d’importants embouteillages le matin et la fin d’après-midi. Le projet actuellement en construction a une base bien plus instable que le sol sur lequel se situait le viaduc de Gênes, un milieu physiquement bien plus agressif.

Le viaduc de la route en mer est une première mondiale. En effet, jamais un ouvrage de la sorte a été construit en pleine mer sur des coulées de lave dans un milieu tropical, et avec comme difficulté supplémentaire la nécessité d’affronter constamment la houle de l’océan. Ceci souligne donc l’importance du principe de précaution. Eu égard à l’effondrement du viaduc de Gênes, et compte-tenu de l’accélération du réchauffement climatique et donc de la montée du niveau de la mer, il est important de bien évaluer la pertinence de la solution technique choisie voici déjà plus de 8 ans. Souhaitons que l’ouvrage soit truffé de capteurs qui puissent prévenir suffisamment à l’avance d’un éventuel effondrement. Il suffit en effet qu’un infime décalage à la base d’une des piles entraîne de graves conséquences sur le tablier qui supporte la route. La catastrophe de Gênes est là pour rappeler qu’un viaduc, cela peut s’effondrer, ce qui n’était pas prévu par ses promoteurs et ceux qui les ont crus. Autant prendre donc ce risque en compte quand une infrastructure analogue est construite dans un milieu bien plus hostile.

J.B.