Edito

Route en mer : le projet le plus contesté de l’histoire de La Réunion ?

J.B. / 30 octobre 2018

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Hier, une nouvelle conséquence du projet de la route en mer a une nouvelle fois défrayé la chronique : la carrière de la ravine des Lataniers. Une manifestation écologiste de riverains a dû faire face à un groupe de transporteurs menés par Joël Mongin. Ces derniers défendent la part du gâteau à laquelle ils estiment avoir droit.

Rappelons que quand Paul Vergès était président de la Région, le bâtiment de la collectivité avait fait l’objet d’un blocus en règle à deux reprises par des camionneurs. C’était en novembre 2008 et en juillet 2009. A chaque fois, ces transporteurs ont bénéficié de la mansuétude du préfet de l’époque qui n’était pas intervenu pour faire cesser un trouble à l’ordre public manifeste, inspiré des méthodes qui avait aidé Pinochet à instaurer une terrible dictature au Chili en 1973. Ces camionneurs étaient menés par Joël Mongin. Force est de constater que des auteurs de ce blocus sont des bénéficiaires de marchés publics de transport de roches destinés à la route en mer. Cela fut rendu possible par l’arrivée au pouvoir de Didier Robert, qui s’est empressé de remplacer les deux projets de tram-train et de nouvelle route du littoral par celui de la route en mer. Autrement dit, ceux qui ont participé à une opération de déstabilisation d’une institution de la République ont eu droit à un retour sur investissement.

Cette manœuvre a un coût social : elle a donné naissance à un projet d’infrastructure qui est sans doute le plus contesté de l’histoire de La Réunion. En effet, il a été lancé sans que ses promoteurs n’aient la certitude d’avoir les matériaux nécessaires à son achèvement. Cela a conduit à la tentative d’ouvrir des méga-carrières à plusieurs dizaines de kilomètres du chantier, et de relancer l’exploitation de la carrière des Lataniers, situées à quelques centaines de mètres du centre-ville de La Possession. Autrement dit, la route en mer a amené à La Réunion des clivages liés à un impact environnemental qui n’était pas à l’ordre du jour de l’enquête publique sur laquelle l’État s’est appuyé pour déclarer ce projet d’utilité publique.

Voilà où conduit la volonté de privilégier les intérêts d’une minorité de partisans politiques au détriment de l’intérêt général de près de 900.000 Réunionnais. Souhaitons que ces clivages ne dégénèrent pas en affrontements qui engagerait la responsabilité de ceux qui ont voulu un projet pharaonique qui ne réglera rien.

J.B.



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  • On peut pas arrêter un chantier de plusieurs milliards d’euros sous prétexte qu’il n’y a pas suffisamment de roches pour le mener bout . Ceux qui ont conçu ce projet ne sont quand même pas des idiots .Il y a des roches à la Réunion ,il faut seulement aller les chercher là où elles sont , c’est dire dans les carrières , chez les agriculteurs qui ont fait épierrer leur terre , dans le lit des ravines et des rivières facilement accessibles aux engins d’extraction et au camions.

    On ne peut pas vouloir une chose et son contraire ;dire d’un côté que la construction de cette nouvelle route est un équipement indispensable qui devrait être déjà terminée depuis longtemps et de l’autre côté faire tout pour empêcher son achèvement .

    Quand un projet de cette taille est bloqué il faut aussi savoir changer son fusil d’épaule et trouver une autre solution . Si vraiment on ne peut pas réaliser cette digue il faut continuer la partie restante en Viaduc ou passer par le plateau ou encore creuser un tunnel ou passer en pied de falaise avec une protection contre les éboulis . Mais franchement il faudrait arrêter de nous prendre tous pour des abrutis qui acceptent tout ce qu’on leur dit sans rechigner .

    Notre fameuse nouvelle route en mer détiendra probablement pendant longtemps la réputation d’être la route la plus chère au monde au Kilomètre , mais elle est train également de nous faire monter sur le piédestal de la connerie . Il y en a raz le bol de se faire passer pour les plus cons de la terre .

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