Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
3 décembre 2019, par

Le scandale de la route en mer connaît un nouveau rebondissement avec des patrons transporteurs qui commencent à se rendre compte de la réalité. Ils estiment que l’accord mis en place avec la Région, le Département et le Groupement des multinationales bénéficiaires du marché, à la veille de la visite du président de la République, n’avait pour but que de permettre à Emmanuel Macron de ne pas avoir à faire face à des barrages durant sa visite dans notre île. En effet, ces transporteurs estiment que plus d’un mois après cet accord, rien n’a bougé, et la situation s’est aggravée. Ils ont donc adressé jeudi dernier un courrier à Didier Robert, président de la Région, collectivité responsable de la maîtrise d’ouvrage de la route en mer. Ils demandent une réunion d’urgence.
« Nous aimerions attirer votre attention sur les tensions suscitées par ce chantier et notre colère grandissante. Nous devons impérativement trouver une solution de sortie de crise pour redonner une certaine forme de stabilité à notre cœur de métier », écrivent les syndicats de transporteurs. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, alors ils se disent prêts à passer à l’action. Ils ne souhaitent pas prendre la population en otage en barrant les routes, mais bloqueront là où se prennent les décisions. La Région Réunion est donc clairement dans la ligne de mire.
Croyant à la promesse de Didier Robert d’un chantier réaliste et financé, des transporteurs se sont endettés pour être en capacité de devenir des sous-traitants des multinationales bénéficiaires du marché. Didier Robert avait d’ailleurs été dans leur sens, en imposant un tronçon en digue de plusieurs kilomètres entre la Grande Chaloupe et La Possession, afin de remplir les carnets de commande des entreprises choisies pour transporter des galets de carrières à la mer. Avec l’aide de l’État via la défiscalisation, ces transporteurs ont importé 200 camions neufs à 200.000 euros pièces, soit une dépense globale de 40 millions d’euros. Mais le chantier de la route en mer a été lancé sans que les matériaux nécessaires à son achèvement ne soient disponibles. Plus de 9 ans après l’annonce par Didier Robert du détournement des crédits prévus pour construire un train sur un projet de route en mer, les matériaux ne sont toujours pas là.
Ces transporteurs montrent donc qu’ils ne croient plus aux promesses de Didier Robert. Un blocus de la Région Réunion n’est donc pas à exclure. Mais s’ils mettent en place une telle action, ces transporteurs bénéficieront-ils de la même impunité de la part de l’État qu’en 2008 et en 2009 quand des camions avaient bloqué plusieurs jours la collectivité qui étaient alors présidée par Paul Vergès, tandis que Didier Robert rêvait de prendre la place de son illustre prédécesseur ?
M.M.
Nos peines
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