RSA conditionné à 15 heures d’activités mensuelle : quand le candidat Macron recycle des propositions qui n’ont jamais marché

18 mars 2022, par David Gauvin

Briguant un second mandat, Emmanuel Macron, qui présentait son programme jeudi 17 mars, propose de conditionner le versement du RSA à « 15 ou 20 heures d’activité » par semaine. Avec cette proposition il sort de son soi-disant et de gauche et de droite, il est simplement de droite.

La proposition fait bondir les associations. Portée par plusieurs candidats dont Emmanuel Macron, Valérie Pécresse et Nicolas Dupont-Aignan, l’idée est de conditionner le versement du RSA à un minimum d’activité. Le Revenu de Solidarité Active est aujourd’hui ouvert, sous certaines conditions, aux personnes d’au moins 25 ans et aux jeunes actifs de 18 à 24 ans s’ils sont parents isolés ou justifient d’une certaine durée d’activité professionnelle. Son montant, qui dépend du nombre de personnes à charge, est de 565,34 euros pour une personne seule en métropole, et de 848,01 euros pour un couple, sans enfant à charge. « C’est un ressort classique et extrêmement lâche de la part de candidats qui ne veulent pas remettre en cause les inégalités d’un système qui profite aux plus riches, et qui préfèrent trouver des boucs émissaires : tantôt les migrants, tantôt les pauvres... C’est commode car ils ont peu de pouvoir, ne sont pas organisés entre eux et ont donc du mal à s’exprimer », lâche Jean Merckaert, directeur du plaidoyer au Secours catholique.

Dans le détail, Emmanuel Macron propose une réforme du RSA avec « 15 à 20 heures d’activité » hebdomadaire. « La logique qu’on porte, c’est celle de dire que les devoirs ouvrent les droits, et non l’inverse. Ce ne sont pas les droits qui ouvrent les devoirs », justifiait le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, ces derniers jours. Valérie Pécresse, la candidate des Républicains, vise 15 heures d’activité en contrepartie, soit 65 heures par mois, pour un RSA de 565,34 euros, soit une rémunération de 8,69 euros de l’heure, au montant actuel du RSA pour une personne seule en métropole.
Emmanuel Macron évoque une fourchette de « 20 heures d’activité par semaine », soit une rémunération de 6,52 euros de l’heure. « C’est bien en dessous du SMIC horaire, (fixé à 10,57 euros bruts, ndlr) cela va avoir un effet néfaste sur l’emploi car cela va créer aire une concurrence déloyale aux emplois avec des personnes sous payées », déplore Manuel Daumergue.

Déjà en 2003, le gouvernement Raffarin avait mis en place le contrat d’insertion-revenu minimum d’activité. Le contrat Insertion-Revenu Minimum d’Activité est un contrat réservé aux personnes qui perçoivent les minima sociaux. C’est un contrat qui vise à inciter les entreprises à embaucher ces catégories de personnes. En effet, en utilisant ce contrat, elles peuvent avoir droit à des aides. Pour les personnes qui touchent les minima sociaux, c’est une manière de retourner plus vite vers l’emploi. Ce contrat a été remplacé par le contrat CUI-CIE. Il s’agissait de verser le montant du RMI à un employeur en échange de 20 heures de travail. Cette tentative a été un échec complet. D’ailleurs il a disparu en 2010. Donc si ça marchait ça se saurait.

Mais prenons les aux mots. Si le RSA peut être conditionné à 20h d’activité par semaines. A La Réunion, la composante socle du Rsa est versée à près de 93 837 foyers. Donc ça voudrait dire qu’on peut créer 97 590 480 heurs d’activités, soit 60 804 emplois à temps plein. Ben disons chiche, mais par contre nous voulons que ces emplois permettent de vivre. Donc qu’il soient rémunéré à minima au SMIC à 1500 euros net et en contrat à durée indéterminé, le mode d’emploi de base du code du travail. C’est la, une révolution, pas un autre dispositif de plus mais une entrée massive de 60 804 Réunionnais dans l’emploi durable et justement rémunéré. Le bloc de droite qui pars de Macron jusqu’à Zemour en passant par Pécresse et Le Pen n’ont plus honte de criminaliser les victimes du chômage et de la misère. Il est plus que temps que les victimes s’organisent pour réclamer le minima… la dignité.

« La vie fleurie par le travail » Arthur Rimbaud

David Gauvin

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