Edito

Sanctions contre l’Iran : Macron dans les pas de Trump

J.B. / 6 juin 2018

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La visite de Benyamin Netanyahou en France a suscité une large protestation. Ce fidèle allié de Trump a pourtant été reçu par le président de la République. Une certaine presse fait écho de sujets qui fâchent. Mais là n’est pas l’essentiel. Emmanuel Macron a reçu un dirigeant qui, s’il n’était pas allié des Etats-Unis, serait accusé par la France de crime de guerre. Comment en effet qualifier autrement les faits qui se déroulent en Palestine, où l’armée israélienne tire sur des manifestants désarmés, faisant des centaines de victimes. Rappelons aussi que dans la protestation, La Réunion était en pointe avec une manifestation organisée samedi dernier, et une lettre adressée au président de la République le jour même demandant à Emmanuel Macron de ne pas recevoir Benyamin Netanyahou.

La France reste décidément soumise aux décisions des Etats-Unis sur la scène internationale. Chacun a encore en mémoire la visite humiliante d’Emmanuel Macron à Donald Trump. Le chef de l’État français n’a absolument rien obtenu alors qu’il veut apparaître comme le chef de file de la lutte contre le changement climatique. Quelques jours après son départ, le président des Etats-Unis lançait une guerre commerciale contre l’Europe. Puis il a décidé de remettre en cause la participation des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien. En conséquence, les entreprises étrangères investissant en Iran sont menacées de ne plus travailler aux Etats-Unis et promises à payer de lourdes amendes. Cela est dû au fait qu’elles utilisent le dollar dans leurs transactions, et que les Etats-Unis utilisent ce prétexte pour imposer leur loi.

Pour la France, la première conséquence concrète de ces sanctions est le retrait de PSA et de Total d’Irak. Manifestement, ces deux majors ne peuvent pas se passer du dollar pour travailler. Et elles se sentent si peu soutenue par le gouvernement qu’elle préfèrent quitter l’Iran plutôt que d’être expulsées des Etats-Unis. Ceci confirme que quoi qu’il dise, Emmanuel Macron est dans les pas de Donald Trump. Car en tant que président de la République, il aurait pu proposer une riposte aux sanctions de Trump à l’Iran. Cela n’a pas été fait, et la réception officielle du « boucher de Gaza » à l’Elysée achève de confirmer l’alignement de la France sur la politique de Trump.

J.B.