Edito

Serait-il trop tard pour prendre nos responsabilités ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 18 septembre 2019

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L’actualité peut enchaîner les plus pires des alertes, vous avez à La Réunion, une classe politique et économiques totalement déconnectée car elle vit dans une bulle de confort quotidien. Jugez par vous-même.

L’ouragan Irma a rasé l’île touristique de Saint Martin, en 2017. Tous les reportages ont montré un paysage de désolation et une population abattue. Deux ans plus tard, les Bahamas subissent le passage du cyclone Dorian. Dans les 2 cas, ce sont des phénomènes de classe 5, c’est à dire le niveau le plus élevé. Des vents de 300 Km/h. Des pluies diluviennes. Des inondations. Des morts et disparus.

Malgré ce palmarès, le cyclone le plus puissant restera longtemps Hayan qui a dévasté les Philippines, en 2013. Le média spécialisé en science de l’environnement, “notre-planète.info”, note : “Il s’agit sans aucun doute du plus violent cyclone de l’année tous bassins océaniques confondus et probablement l’ouragan le plus puissant depuis 50 ans dans le monde.” Les cocoteraies ont été grandement détruites alors que le pays est le 2e producteur de cocos au monde. Il y a eu près de 10 000 morts. Dans ces conditions, les rescapés ont dû survivre avec des restes ; ils ont tout reconstruit avec les moyens de bord.

Tout près de nous, en Mars 2019, le Mozambique a essuyé la violence du cyclone Idai qui a fait plus de 1000 morts et un million de sinistrés, particulièrement parmi la population pauvre. La visite du Pape dans ce pays a permis de revenir sur la situation des réfugiés, pour souligner la lourdeur des interventions devant l’ampleur du sinistre.

Et, hier, nous apprenions qu’une centaine de chercheurs français du CNRS, du CEA et de Météo-France ont travaillé sur le pire des scénarios de la montée de température qui s’élèverait à 6,5-7 degrés en 2100 alors qu’en 2014, le GIEC l’avait évalué à 4,8°C par rapport à la période pré-industrielle. Le rapport de ces spécialistes sera versé dans les conclusions du GIEC en 2021.

Quelles leçons tirons-nous de ces informations ?

Dans 2 semaines, nous entrons dans la période cyclonique. N’est-il pas urgent d’organiser des tests grandeurs natures, en s’appuyant sur des cas connus et en faisant des projections ? Par exemple, aéroports et port impraticables. Urgences alimentaires et sanitaires. Stockage et distribution. Listes des habitations vulnérables. Poste de commandement bien identifié et solide etc.

A l’orée de cette période d’incertitude, l’actualité locale reflète le niveau de préoccupation des décideurs politiques et économiques. Les uns ont le nez dans le guidon municipale et on s’achemine vers 3500 candidates et candidats pour 24 communes. Les acteurs de la grande distribution s’étripent publiquement sur la meilleure façon de se partager le gâteau des consommateurs. Des opérateurs immobiliers se flattent du pillage organisé des locataires et des pouvoirs publics.

Ouvriers, planteurs, employés, chômeurs, consommateurs, usagers, citoyens nous sommes. Futurs victimes, il n’est jamais trop tard pour prendre nos responsabilités et anticiper les défis.

Ary YEE CHONG TCHI KAN