Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
13 mars 2017, par

Le bilan du passage du cyclone Enawo à Madagascar s’alourdit. Un dernier bilan du Bureau national de gestion et des catastrophes fait état de 50 morts et plus de 170.000 sinistrés. Au moment de toucher la Grande île, Enawo était un cyclone tropical intense avec des vents de plus de 300 kilomètres par heure et des vagues de plusieurs mètres de haut. Il a ensuite traversé l’île du Nord au Sud en infligeant notamment des dégâts aux habitants de la capitale Antananarivo. Des millions de personnes ont donc été concernées. Des récoltes sont perdues. Il faudra plusieurs années pour que les agriculteurs touchés retrouvent leur niveau de production.
Le 7 mars dernier, Gélita Hoarau avait écrit au président du Sénat pour lui demander d’apporter son appui à l’accélération de la mobilisation des secours. « L’urgence réside désormais dans l’assainissement et l’abduction en eau potable. Tous les puits ont été souillés. La population commence à boire de l’eau stagnante, faute de mieux. Viendront ensuite la réhabilitation des écoles endommagées, la remise en état des poteaux électriques, aujourd’hui encore à terre. La compagnie d’eau et d’électricité prévoit un retour la normale d’ici 40 jours », écrit RFI. Il n’y a donc plus de temps à perdre pour éviter une catastrophe sanitaire.
Depuis plusieurs années, le Sud de Madagascar subit la répétition des sécheresses. L’an dernier, près d’un million de personnes étaient menacées par la famine. Cette année, c’est un puissant cyclone qui a ravagé le pays. La succession de ces catastrophes vaut à Madagascar d’être classé troisième pays le plus vulnérable au changement climatique. Cette crise environnementale touche le pays au moment où il connaît sa période de transition démographique. De 4 millions de personnes en 1946, la Grande île est passée à 24 millions aujourd’hui et atteindra 45 millions en 2050. Cette croissance de la population impose la réalisation d’infrastructures et d’une économie capable de garantir le progrès social. À ces énormes chantiers s’ajoute celui de l’adaptation au changement climatique.
Le rôle de La Réunion peut donc s’inscrire dans l’aide d’urgence, et aussi dans le soutien à une politique d’adaptation au changement climatique. Dans ce domaine, notre île peut partager des technologies. Elle peut aussi contribuer à la construction d’une filière énergétique à partir des énergies renouvelables. De telles actions venant de notre île permettraient de réparer les dégâts de l’histoire. Pendant longtemps, La Réunion était en effet la base arrière de la colonisation de Madagascar par la France, qui lui a assigné le rôle de colonie colonisatrice. Cette situation était combattue par les progressistes réunionnais, dont certains menaient la lutte à Madagascar aux côtés du peuple malgache.
J.B.
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