Edito

Solidarité contre la militarisation de l’océan Indien

J.B. / 23 juin 2018

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Pendant les années 1970, les organisations progressistes de l’océan Indien se sont mobilisées autour du mot d’ordre « océan Indien Zone de paix ». La victoire contre l’apartheid et la fin de la Guerre froide n’ont pas permis de le réaliser. En effet, si l’Afrique du Sud a renoncé à la bombe atomique, les puissances occidentales restent toujours solidement implantées. Contrainte de quitter ses bases militaires à Madagascar en 1975, la France les a transférés à La Réunion où elles existent toujours. Pour sa part, les Etats-Unis continuent d’occuper la base de Diego Garcia avec l’accord de la Grande-Bretagne, ce qui est le point de départ de la tragédie des Chagossiens, un peuple chassé de son pays à cause de cette base.

Ce 21e siècle voit le retour sur le devant de la scène de pays qui étaient des superpuissances avant la colonisation et qui aspirent à le redevenir. C’est le cas de la Chine et de l’Inde. Ce dernier pays a un projet qui concerne directement notre région, avec le projet d’implantation de bases militaires. Celui aux Seychelles a désormais du plomb dans l’aile, avec la révélation de l’affaire à l’opinion qui embarrasse le gouvernement. Mais il est toujours question d’en construire une à Agaléga, une île sous souveraineté de Maurice. C’est contre ce projet qu’une fédération composée de 6 organisations est née en mars dernier. « Regroupés sous le nom Koalision Zilwa Pou Lape, ils visent à regrouper les peuples de l’océan Indien, sur la base du passé commun qu’ils partagent. Dans un esprit de solidarité, la coalition a également envoyé une lettre de soutien au mouvement qui a pris naissance aux Seychelles, contre le projet d’une base militaire à l’île de L’Assomption », écrit « Le Mauricien » du 7 mars dernier.

Les habitants d’Agalega peuvent compter sur la solidarité des Chagossiens, et des Seychellois du Save the Aldabra Island Group, dont un de ses membres, Alain Saint-Ange, déclare : « Nous devons préserver ce que nous possédons. Nous avons déjà une base dans l’océan Indien qui est de trop ». Que cela soit Diego Garcia, l’île de l’Assomption aux Seychelles ou Agaléga, ces bases existantes ou prévues sont une menace pour l’existence de peuples créoles. Ces peuples ont décidé de s’organiser, dans la solidarité.

J.B.



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Messages






  • Ce front contre la militarisation arrive au bon moment comme arrive au bon moment notre comité réunionnais pour la paix ;On peut souhaiter une chose , c’est qu’il y ait un front commun contre le fauteurs de guerre éventuels. en tous cas les initiatives de tous horizons montrent bien qu’il y a une risque pour la paix dans l’océan indien et que les peuples de nos régions à commencer par ceux de l’indianocéanie qui se dessine ont un intérêt urgent à réagir face à une telle situation.
    G.Gauvin

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  • En effet, le drapeau chinois flotte désormais dans le ciel de Djibouti dans l’Océan Indien. Le géant asiatique Chinois a inauguré le 1er août 2017 sa première base militaire à l’étranger. Symbole fort : la cérémonie coïncidait avec le 90e anniversaire de la fondation de l’Armée rouge. Il s’agit de la seconde base militaire Chinoise dans l’Océan indien parès celle de Gwadar.
    Un projet de base militaire chinoise existe également à Mombasa toujours dans l’Océan Indien.
    Cette océan doit effectivement rester une zone de paix.

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