Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
16 septembre 2014, par

Voici le deuxième papier concernant le caractère sélectif des informations importées quasiment toutes de la même source occidentale, avec le même éclairage américain. A la fin, les Réunionnais ignorent ce qui se passe dans les trois quarts du monde, non occidental, et auront du mal à se situer dans les nouveaux enjeux historiques. Pourquoi les médias cultivent-ils cette ignorance ?
Au début de ce mois, l’ambassadeur de l’Inde, en poste au Cameroun, a déposé ses lettres de créances. Dans un discours de circonstance, il a inscrit sa mission dans les nouveaux enjeux « BRICS-Afrique » et placé son pays comme porte-parole de cette innovation.
A.R. Ghanashyam a un statut de Haut-commissaire pour une grande région comprenant, outre le Cameroun, le Nigéria, le Tchad et le Bénin. Il a déclaré qu’en 2015, les échanges entre l’Afrique et les BRICS vont atteindre 500 milliards de dollars ! Un chiffre explosif. Selon lui, les échanges commerciaux entre l’Afrique et les pays membres du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont cru plus rapidement au cours de ces dernières années, par rapport aux échanges entre l’Afrique et toutes les autres régions du monde. Actuellement, ils s’élèvent à 340 milliards, après avoir doublé entre 2007 et 2012. En d’autres termes, on fera en un an, ce qui s’est fait sur les 5 dernières années.
Les moyens ne manquent pas : les Institutions financières des BRICS s’installent, et les ressources humaines maitrisant le russe, le portugais (Brésil), l’anglais (Inde et Afrique du Sud) et le chinois sont les premiers employés. Ce sont des vecteurs dynamiques qui ont été formés dans un passé historique récent. Cela montre la vitesse avec laquelle la nouvelle tendance s’installe durablement et s’émancipe des vieilles contingences occidentales militaristes.
Dans ces conditions nouvelles, les gesticulations médiatiques de Obama lors du sommet USA-Afrique, en mai dernier, font pale figure face au sommet Chine-Afrique qui avait eu lieu en 2006 à Beijing, 8 ans plus tôt, et qui avait accueilli 41 chefs d’Etat Africains. La françafrique a perdu de sa superbe. Le nouveau monde se construit avec 2 outils clairement ambitieux : l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et les BRICS.
Déjà isolée dans la COI où elle est représentée par Mme Ledoux, La Réunion ne joue aucun rôle dans ce vaste tournant africain et n’en retire aucun profit pour sa population. Nous sommes certainement les seuls à regarder passer sous notre nez le train de l’histoire. Sommes-nous irrémédiablement condamnés à regarder le mirage occidental ?
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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