Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
23 juillet 2012, par

Aux portes de La Réunion, des changements considérables sont en route. Les pays de l’Union africaine ont fixé un objectif, la création d’une communauté économique unique en 2025, avec une première étape : une zone de libre-échange à l’intérieur de l’Union africaine dans 5 ans.
L’Afrique est actuellement divisée en 8 organisations économiques régionales. Toutes vont donc à terme fusionner, et l’Union africaine a chargé une nouvelle institution de réaliser cette tâche. Le dernier sommet de l’UA a en effet créé une Commission permanente composée des huit présidents des blocs économiques régionaux et de la présidence de la Commission de l’UA.
Cette décision ne correspond pas au schéma utilisé par les Européens pour négocier avec les Africains les accords de partenariat économique. Les Européens ont discuté avec des groupes régionaux, avec à la clé la tentative de signer des accords séparés. Pour ce qui concerne notre région, l’Europe l’a incluse dans le groupe Afrique orientale et australe (AfOA). Il se compose des États suivants : Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles, Djibouti, Éthiopie, Érythrée, Soudan, Malawi, Zambie et Zimbabwe. À ce jour, aucun accord définitif n’a été ratifié, mais un texte intérimaire s’applique. Il prévoit l’ouverture de toute notre économie au produit de ces pays, car nous sommes considérés comme une région européenne.
Avec la réforme prévue par l’Union africaine, ce seront 54 pays peuplés par plus d’un milliard d’habitants qui formeront une communauté économique, et les discussions ne se dérouleront plus entre l’Europe et une dizaine de pays, mais entre l’Europe et les pays de l’Union africaine. Cela fera inévitablement changer le rapport de forces, avec comme facteurs d’accélération la présence toujours plus importante d’investissements de pays émergents en Afrique.
Le monde change à nos portes, mais l’illusion est entretenue dans notre pays. C’est toujours l’importation de débats et d’une vision dominante qui peut sans doute opérer à 10.000 kilomètres d’ici, mais qui ne correspondent pas à la réalité de notre île. Qu’arrivera-t-il si nous sommes entourés par une zone de libre-échange d’un milliard d’habitants alors que déjà la moitié de notre population vit en dessous du seuil de pauvreté ?
Le monde change et il n’attendra pas que nous sortions de l’illusion. À nous de ne pas rater ce tournant.
J.B.
Nos peines
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