Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Washington attaque l’armée syrienne et a lancé la construction d’une base militaire en Syrie
7 avril 2017, par

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des navires militaires des États-Unis ont tiré plus de 50 missiles visant une base aérienne de l’armée syrienne. C’est la première fois que Washington s’implique à ce point aux côtés des rebelles. Le gouvernement des États-Unis a saisi le prétexte de la tragédie de Khan Sheikoun pour intensifier sa présence en Syrie. Car une base militaire US capable d’accueillir 5000 soldats est en construction sur le territoire contrôlé par des opposants au gouvernement syrien.
L’attaque de la ville de Khan Sheikoun a suscité une vive émotion dans le monde. Des dizaines de personnes sont mortes à la suite de l’inhalation d’un gaz. Pour Washington et ses alliés, cette tragédie est la conséquence de l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie. Pour la Russie, officiellement présente sur le terrain à la demande du gouvernement syrien, la réalité est toute autre. Les avions syriens étaient engagés dans l’attaque d’un dépôt de munitions des rebelles. Le drame de Khan Sheikoun vient alors du fait que des armes chimiques étaient stockées dans cet entrepôt. Rappelons qu’en Irak et en Syrie, les djihadistes ont déjà utilisé des gaz de combat sans susciter la réprobation de Washington.
Rappelons que depuis 2014, l’armée syrienne ne dispose plus d’armes chimiques. Son arsenal a en effet été détruit sous le contrôle de la communauté internationale. La Russie s’étonne donc qu’un pays qui ne dispose pas d’une arme puisse être accusé de l’utiliser. Une enquête internationale est donc en cours pour établir les responsabilités.
Mais Donald Trump a décidé d’utiliser ce drame pour renforcer l’implication de l’armée de son pays dans la guerre contre la Syrie. Au moment où il recevait Xi Jinping, le président chinois, il a ordonné une attaque surprise contre l’armée syrienne. Washington a avoué officiellement le tir de 59 missiles depuis des navires de guerre en Méditerranée. Loin d’être une réaction dictée sous le coup de l’émotion, cette décision vise à conforter l’implication de Washington dans la guerre en soutenant les opposants au gouvernement syrien.
En effet, les soupçons sont suffisamment étayés pour que Sputnik annonce que « les Etats-Unis créent une base militaire américaine près de la ville d’Al-Hasaka, dans le nord la Syrie, à 70 kilomètres de la frontière avec la Turquie et à 50 kilomètres de la frontière avec l’Irak, informe le site d’actualité BasNews, proche du chef du Kurdistan irakien Mesud Barzani. Selon le média citant une source au sein des Forces démocratiques syriennes, les Etats-Unis ont déployé 800 soldats sur la base. Le but serait de fournir une aide américaine aux Forces démocratiques syriennes participant à l’opération visant à libérer Raqqa et de Deir ez-Zor. Ilhan Ehmed, président du Conseil des Forces démocratiques syriennes, a récemment réalisé une visite aux Etats-Unis. C’est suite à ce voyage Washington a commencé à travailler sur la création d’une base militaire dans la région de Til Beder. Des militaires US sont arrivés dans le village et les travaux de construction de la base se poursuivent actuellement. Til Beder a auparavant abrité les troupes kurdes d’autodéfense de Rojava. La base en question sera la plus grande base militaire américaine de Syrie, selon l’interlocuteur de Sputnik. La situation est inquiétante, car les Kurdes du Parti de l’union démocratique (considéré comme la base des Forces démocratiques syriennes) ont déclaré qu’ils comptaient ignorer les décisions prises lors des négociations actuellement en cours à Astana ».
Cette situation inquiète Oya Akgönenç Muğisuddin, ex-députée du parlement turc, docteure en sciences politiques et chef du département des relations internationales de l’Université Ufuk d’Ankara. « Il est « impossible de protéger toujours Israël et de créer le Kurdistan parce que tel est le désir de Tel Aviv ». Cela pourrait aboutir à une reconfiguration de la région du Moyen-Orient » souligne-t-elle, « les pays se trouvant dans ou près de la région empêchent de réaliser une telle aventure. Voilà pourquoi, à mon avis, en créant une base militaire en Syrie, les Américains n’avancent pas vers la paix mais font un pas vers la guerre », a-t-elle conclu.
J.B.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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