Edito

Tananarive la capitale de l’océan Indien

Témoignages.re / 7 juillet 2020

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Il est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, chantait Charles Aznavour. Mais il fut un temps ou Tananarive était le centre névralgique de l’océan Indien.

Antananarivo ou Tananarive (en malgache : le « village des milles ») est la capitale économique et politique de Madagascar, de la province d’Antananarivo et de la région Analamanga située dans la partie centrale de l’île. Sa population dépasse 1 600 000 habitants, son aire urbaine approche les 2,2 millions d’habitants. La ville est divisée en six arrondissements et 192 fokontany.

Le général Gallieni en avait fait en 1896 le centre culturel et économique des colonies de l’océan indien. De nombreux réunionnais embarqué pour la première ou deuxième guerre mondiale sont partis faire leur classe à Madagascar. Il en est de même pour toute une partie de la jeunesse réunionnaise à l’époque ou il n’y avait qu’un lycée dans la colonie. Ils y découvraient une vie culturelle et intellectuelle riche. L’acheminement agricole provenait en grande majorité de Madagascar.
La départementalisation a permis à la Réunion de sortir de la misère coloniale, mais elle a aussi ancré son esprit à la France nonobstant son espacé géographique. Un des marqueurs la faiblesse des échanges avec la Grande île depuis cette époque.

Nous avons à notre porte un géant en devenir qui n’intéresse pas nos décideurs parisiens. Mais il intéresse les Canadiens qui ont fait un port, la Chine qui a financé l’aéroport et la modernisation du chemin de fer, la Corée qui a tenté d’assurer son autonomie alimentaire en baillant des terres malgaches. Il est clair que la Commission de l’Océan Indien a failli dans sa mission de créer une communauté de destin, la ou la francophonie a permis de faire perdurer une communauté de langage. Espérons que les générations montantes comprennent que notre avenir se situe à moins d’une heure et demie d’avion et non à onze heures.
« Fleur folle, fleur irréfléchie, Qui persiste à pousser sur un terrain en jachère. Partout, tout autour et déjà, c’est la désolation et tout sommeille. Et seule, elle demeure éveillée toute seule »

Voninkazo adaladala (Fleur folle) par Georges ANDRIAMANTENA (Rado)

Nou artrouv’

David Gauvin