Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
7 septembre 2020, par

Le gouvernement a annoncé que le plan de relance économique prévoit 1,5 milliard d’euros à destination des outre-mers. Parmi les projets financés, la fin du chantier de la NRL réunionnaise bénéficiera de plusieurs dizaines de millions d’euros.
Rappelons que la NRL est un chantier de 12 kilomètres destiné à fluidifier le trafic routier entre le Nord et l’Ouest de La Réunion. Ce chantier est devenu célèbre du fait de son tracé (en mer), de son budget (plus de 2 milliards d’euros), et, surtout, du risque qu’il ne soit jamais achevé (à défaut de roches massives nécessaires à l’érection de 2 kilomètres de digues).
Lancé il y a 7 ans, ce chantier n’a pourtant rien du profil d’une opération de relance économique. Ce d’autant que, dans cette affaire, quasiment toutes les décisions semblent avoir été prises en dépit du bon sens : à l’heure des déplacements bas carbone, l’abandon du Tram-train (projet de transport ferroviaire électrique) au profit d’une route à 6 voix représente un anachronisme politique ; placer cette route en mer au lieu d’en faire, comme la route des Tamarins, une route de développement des hauts relève d’un stupide gâchis ; démarrer le chantier sans s’assurer de disposer des matériaux nécessaires à son achèvement trahit un amateurisme insensé. Mais ignorer tous les avis alertant des insuffisances du projet, tant au niveau environnemental que financier, confine à la faute condamnable. Plusieurs organisations n’ont cessé de réclamer une expertise technique et financière indépendante du projet. En vain. On découvre aujourd’hui que le chantier ne peut être achevé dans son format initial (malgré l’implication de l’administration préfectorale pour forcer l’ouverture de carrières que les autorités environnementales et la justice interdisent constamment) et que, de toute façon, la Région n’a plus d’argent pour terminer le chantier.
En effet, pour éviter la mise sous tutelle de son administration, le président de la région a volontairement amputé son budget 2020 de -23% par rapport à 2019, en sacrifiant les investissements. Il a voulu ainsi éviter l’humiliation de ce qui s’est passé, du fait de sa gestion, juste après son départ de la commune qu’il dirigeait avant la Région.
Pourquoi les Guadeloupéens, les Guyanais, les Mahorais, les Martiniquais et les autres Français des collectivités et territoires d’outre-mers devraient-ils payer pour l’incompétence et l’inconséquence du président de région de La Réunion ?
Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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