Canne à sucre à La Réunion : il est temps de tout revoir
21 septembre, parSortir du système néocolonial de simple fournisseur des profits d’une société exogène
22 octobre 2010, par

Avant-hier, George Osbourne, chancelier de l’échiquier conservateur, présentait aux Britanniques le plan d’austérité le plus brutal de leur Histoire. Les coupes prévoient en particulier la suppression de 500.000 emplois de fonctionnaires pour 2015. Du côté du voisin irlandais, se profile un plan de rigueur d’une dureté là aussi inégalée. En France, le gouvernement maintient sa réforme des retraites, sans renoncer à ses « rabotages », dont celui qui frappe l’industrie photovoltaïque, menaçant de ruiner une partie de ce secteur clef de l’économie réunionnaise. Pendant ce temps, chez nous, on ne s’en fait pas trop.
Sous la houlette de Jean-François Sita, la Région s’apprête à faire voyager des lycéens, de jeunes artisans et des enseignants, dans le but de participer au “French festival” d’Adélaïde, Australie. Une opération où il sera demandé à nos apprentis cuisiniers de faire du… bœuf bourguignon, du veau marengo, des choux à la crème, etc. Si l’on en croit le projet présenté hier, caris, rougails et bonbons pays seront persona non grata. Voilà pour la promotion de La Réunion.
Pour le côté professionnel, il s’agit selon le rapport de visiter des hôtels « 4 ou 5 étoiles » : comme si cela ne pouvait pas se faire à La Réunion, ou, s’il faut vraiment voyager, à Maurice.
Pendant que les populations des grands États industriels gagnent le choc de la crise, Didier Robert fiche par les fenêtres l’argent obtenu auprès du FEDER par ses prédécesseurs. Ira-t-il lui-même en Australie ? Ou sera-t-il renseigné sur les aventures du poulet chasseur par l’un des nombreux batteurs d’carré de sa suite, qui ne manqueront pas d’accompagner les jeunes en formation ? Sans doute pas, car, nous dit-il, il « travaille ». Comme son bras (très à) droit(e) Fabienne Couapel-Sauret, qui, immédiatement après son élection, se vantait dans la presse d’être une « bosseuse ».
Et d’après ce qu’ils nous disent, ça bosse… et surtout, ça va bosser, puisqu’à eux deux, ils nous promettent non seulement 2.000 bus, mais surtout, 25.000 emplois. Porté à échelle de la France et de l’Angleterre, c’est à peu près comme si, en pleine dépression économique, un dirigeant politique promettait de créer 200.000 emplois. Et tout cela, selon une recette originale : en supprimant des trains et des chantiers, en laissant démanteler le secteur de l’énergie le plus porteur, en refusant la construction d’une centrale photovoltaïque, en dispersant les fonds du FEDER , le tout sur l’air de “tout va très bien, Madame la Marquise”…
G.G.-L.
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