Crise de l’eau : alerte générale à La Réunion
6 août, par180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
3 août 2017, par

Les réalisations de nos voisins mauriciens sont la confirmation de la justesse d’une politique qui était menée à La Réunion, mais qui a été abandonnée.
Dans deux ans, Maurice aura de nouveau un chemin de fer. C’est ce qui ressort de la décision du gouvernement mauricien de lancer le projet de « Metro léger ». Financé pour moitié par une subvention de l’Inde, et pour l’autre part par un prêt auprès d’un organisme financier indien, ce train reliera les 5 villes les plus peuplées de l’île voisine. Les travaux vont commencer dans très peu de temps.
L’île Maurice accueille également tous les jours des Airbus A380 de la compagnie Emirates. Pour cela, une nouvelle aérogare a été construit pour faire face à cette nouvelle affluence. Elle a été distinguée au niveau international.
Les réalisations de nos voisins sont la confirmation de la justesse d’une politique qui était menée à La Réunion, mais qui a été abandonnée. En janvier 2007, les négociations entre la Région Réunion présidée par Paul Vergès et l’État avaient abouti au financement de deux grands projets : la reconstruction du chemin de fer et la nouvelle route du littoral. Si le calendrier avait été respecté, le train devait circuler en 2012, et la route achevée en 2017.
De son côté, Air Austral dirigée par Gérard Ethève avait convaincu Airbus de participer à une nouvelle étape de la démocratisation du transport aérien, aussi décisive que celle qui avait vu la naissance de transport aérien de masse par les mises en service successives du Boeing 707, puis du Boeing 747. L’initiative réunionnaise d’un avion adapté à la continuité territoriale plaçait ainsi une entreprise européenne comme acteur principal de cette nouvelle étape historique. Il s’agissait de mettre en ligne un Airbus A380 de 800 passagers, afin de faire baisse le prix du billet d’avion de 30 % toute l’année, pour tout le monde et sans subvention.
La réalisation de ce projet supposait la mise à niveau de l’aéroport Roland-Garros. Il était ainsi prévu la construction d’une nouvelle aérogare destinée à l’accueil des passagers de l’A380. Si le calendrier avait été là aussi respecté, le nouveau bâtiment serait déjà opérationnel depuis plusieurs années, et les Réunionnais auraient eu le droit de voyager 30 % moins cher grâce à une compagnie aérienne réunionnaise.
Autrement dit, cela fait plusieurs années que le train, l’Airbus A380 et la nouvelle aérogare aurait dû fonctionner. Mais des décisions politiques contraires ont été prises. Quand Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Environnement, était venu dans notre île en 2008, il avait souligné que La Réunion avait un siècle d’avance. Aujourd’hui, les réalisations à Maurice et l’immobilisme dans notre île soulignent combien La Réunion est en retard.
J.B.
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