Edito

Transition écologique : toujours les vieilles méthodes du capitalisme

J.B. / 5 avril 2018

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L’Afrique n’a pas fini de subir l’exploitation de son sous-sol, de sa terre et de sa population. C’est ce que rappelle le CADTM au sujet de la ruée vers le cobalt en République démocratique du Congo. Ce composant est indispensable dans les batteries des téléphones mobiles, des ordinateurs portables et des voitures électriques. Conséquence, le prix du cobalt flambe : « Le marché du cobalt est donc en ébullition et la tendance est à la hausse au London Metal Exchange, la Bourse londonienne où sont cotés les métaux non ferreux. Le prix de la tonne de cobalt a presque quadruplé en deux ans, d’environ 25 000 dollars la tonne en 2016 à 95 000 dollars fin mars 2018, son plus haut niveau depuis que le London Metal Exchange a commencé à suivre le métal bleu en 2010. La frénésie des spéculateurs est palpable. L’année passée, une demi-douzaine de fonds d’investissement, dont le suisse Pala Investments et le chinois Shanghai Chaos, auraient acheté, puis stocké pour spéculer, quelque 6 000 tonnes de cobalt ».

Deux pays concentrent les principales réserves de cobalt : la RDC et la Chine. Le CADTM note que « cette concentration de la production de cobalt entre la RDC, plongée dans un profond marasme politique, et la Chine (2e producteur mondial) fait peser un risque sur l’approvisionnement des multinationales comme Apple, Samsung, Volkswagen ou Tesla, très dépendantes de ces ressources. Volkswagen a d’ailleurs récemment annoncé sa décision de s’installer au Rwanda pour y bâtir une usine d’assemblage afin de se rapprocher des gisements de cobalt en RDC ».

Mais ces richesses considérables ne profitent pas à la RDC. D’après le Code minier, imposé par le FMI et la Banque mondiale selon le CADTM, la redevance sur le cobalt n’est que de 2 %. Quant aux conditions de travail, elles sont indignes : « Plus de 40 000 d’enfants âgés de 3 à 17 ans travailleraient dans les mines au sud du pays d’après l’Unicef. (...) Ils seraient entre 110 000 et 150 000 « creuseurs » (mineurs artisanaux) qui vendent le minerai brut tout au plus 7 000 dollars la tonne, aux comptoirs d’achat bien souvent chinois, tel le « dépôt Apple » près de la cité minière de Kolwezi (sud-est). Ce sont les acheteurs qui fixent les prix, théoriquement selon les cours de la bourse de Londres, et les « creuseurs », qui ignorent tout de ces cours, survivent avec des salaires de misère. (…) Lors d’une mission d’enquête de la fédération syndicale internationale IndustriALLdans les mines de cuivre et de cobalt de Glencore, des employés de la mine Kolwezi ont décrit leur traitement et leurs conditions d’emploi comme « rien de moins que de l’esclavage ». De nombreux mineurs sont également exposés sans protection à des substances nocives.

7 dollars pour un kilo de cobalt, c’est le salaire du mineur artisanal. 95 dollars le kilo de cobalt, c’est le cours mondial. C’est autour de ce dernier prix de référence que les industriels achètent le cobalt pour ensuite l’intégrer dans les batteries des téléphones mobiles, ordinateurs et voitures électriques. De 7 dollars à 95 dollars, c’est le profit des intermédiaires. Cela donne une idée de l’exploitation subie par les mineurs congolais. Cette ruée vers ce minerai rappelle une constante du capitalisme : la prédation des matières premières. La prise de conscience du changement climatique pousse à remplacer les voitures à essence par leur équivalent électrique. C’est la promesse d’un immense marché en termes de batteries, et les vieilles méthodes du capitalisme sont alors à l’oeuvre pour en tirer un maximum de profit, même si la santé des êtres humains et l’environnement doivent subir de graves conséquences. Face aux effets du changement climatique qu’il a créé, le capitalisme continue de montrer ses capacités d’adaptation.

J.B.



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  • Avec l’accroissement de l’économie, il faut bien équiper les gens qui en ont les moyens, leur donner la possibilité de consommer, soit dit autrement, de polluer aussi comme nous depuis déjà longtemps. Matières premières non renouvelables, pour fabriquer des objets plus ou moins utiles, tendance, à la mode et ensuite, à cause de l’obsolescence programmée, rejettés comme une veille chaussette sans regret, ni questionnement quand à la pollution que ce nouveau déchet va apporter à l’île et finalement tôt ou tard à la mer où tout se réuni. Depuis quelques années déjà, depuis l’espace, on voit d’immenses nappes de plastique dérivantes, rassemmmblées grâce à des vortex dus aux courants océaniques. Et on oublie tous ceux qui ont coulé au fond. Sur "Arte.tv", on peut revoir une très belle émission à ce sujet, âmes sensibles attention, la triste réalité fait peur parfois mais ayons le courage de voir la bérité en face, pour ensuite réagir pour le futur de tous, nous vivants et ceux qui viendront après nous qui risquent à juste raison de nous reprocher d’avoir tout saccager en connaissance de cause pour nos petits plaisirs égoistes, quel gâchis. Si on ne fait rien, c’est tout simple à réaliser, dans ce reportage, les scientifiques préviennent que d’ici 30 ou 40 ans, il y aura tout simplement plus de plastique dans la mer que de poissons ! Mais que font les décideurs pour réagir ! ! ! ! Scandaleux, j’espère qu’ils n’oseront pas dire "on ne savait pas", ce sera alors le preuve de leur incompétence, bo comment ! Arthur qui vous encourage à vous informer Arte le fait très bien comme France 2, 3, 5 aussi. Bonne fin se semaine puis WE de réflexion. Et vive la Réunion, propre. Y a du boulot pour montrer l’exemple ! ! !

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