Edito

Un combat à continuer

LB / 14 avril 2008

Nos pensées, comme celles de nombreux citoyens dans le monde sont actuellement tournées vers les Antilles, où notre grand frère Aimé Césaire est très malade. Nous apportons notre soutien à ce militant admirable, qui a notamment contribué avec les Réunionnais Raymond Vergès et Léon de Lépervanche au vote de la loi du 19 mars 1946 ayant aboli le statut colonial de leur pays.
Cette évolution positive de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion n’a pas empêché le régime colonial de perdurer dans le monde. En effet, tous les peuples sont encore soumis à la colonisation par la dictature de la finance, du profit et du marché.

On voit tous les jours les effets tragiques de cette oligarchie. Les derniers de ces effets évoqués par l’actualité sont les révoltes de peuples affamés, comme à Haïti.
Et quand le gouvernement haïtien cherche à baisser le prix du riz de 15%, les profits boursiers autour de cette céréale fleurissent à plein pot. Pendant ce temps, les pays pauvres, confrontés aux hausses des produits nutritifs et des carburants, doivent trouver des solutions à leur crise économique et alimentaire.

En imposant leur modèle économique, social, nutritionnel et culturel, les classes dirigeantes mondiales ont empêché les paysans de ces pays de valoriser leurs produits. Seuls comptent le blé, le riz etc..., tandis que le mil, le sorgho, l’igname, le manioc, la banane et autres aliments du Sud sont éliminés.
On tue ainsi des dizaines de milliers de personnes chaque jour par la faim. Ces injustices montrent que le combat d’Aimé Césaire contre la colonisation du monde par le modèle dominant est à continuer.

L. B.