Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
26 juillet 2013, par

Les pays occidentaux connaissent depuis 2009 un problème qualifié de « déficit public » qui a entraîné une politique dite de « d’austérité ». En pratique, il s’agit de faire payer le remboursement du déficit contracter par les masses populaires. Les pays ont rivalisé d’ingéniosité pour faire avaler au peuple mensonges sur mensonges. Un déficit en dessus de 3% du PIB était inconcevable. Mais, contre toute attente, c’est l’Europe qui finit par accorder un délai supplémentaire à la France pour atteindre ses objectifs. En clair, malgré les efforts déjà demandés au peuple, c’est toujours insuffisant. Le délai permet de gagner du temps pour ponctionner davantage les Français.
Ce schéma de sortie des difficultés par l’austérité semblait faire l’unanimité des grands de ce monde, quand le FMI a annoncé s’être trompé sur l’efficacité de cette politique. Il n’en fallait pas plus pour que s’installe le doute chez les tenants du discours dominant. Cette fois, il semble qu’à Bruxelles, des voix se lèvent pour appeler à la fin de la politique d’austérité. C’est vraiment ridicule, car lundi dernier, Eurostat, a publié « ses statistiques ». Il en ressort que les pays du Sud qui appliquent l’austérité ont vu leur dette exploser en 2012 dont la France. Ce qui fait dire à Patrick Artus, directeur de recherche économique chez Natixis, « un défaut de paiement est inévitable » .
Il a rappelé au journal, "la Tribune", qu’un « défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro. Cela ne signifie pas un défaut violent où l’on décide du jour au lendemain de ne rien rembourser. Cela peut consister en une restructuration par un échange de titres à un taux plus bas ou avec une maturité plus longue. Ce qui correspond de plus en plus à l’analyse qui est faite par le FMI et les Allemands.
Le problème c’est que l’on n’a pas mis en place les institutions nécessaires pour permettre d’éviter la contagion. Par exemple, si demain le Portugal fait défaut, nous n’avons rien pour empêcher les marchés d’attaquer les autres dettes européennes. Quant à l’OMT, il est inefficace parce qu’il ne peut être déclenché que si un pays demande à être placé sous programme d’aide. On n’intervient qu’après le désastre, alors que ce mécanisme devrait être préventif.
Mais il n’y a pas que cela. Il faut aussi prendre en compte le fait que les banques sont d’énormes détenteurs de dette publique. Pour qu’il y ait un défaut organisé, il faut prévoir avant une recapitalisation des banques. Or, le MES n’est pas prêt. Donc pour l’heure, un défaut signifierait automatiquement une crise bancaire » .
Vous avez bien lu : « pour l’heure, un défaut de paiement signifierait automatiquement une crise bancaire » . C’est bien la preuve que les divergences profondes se font jour entre capitalistes européens.
J.B.
Nos peines
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