Edito

Un « génocide » que l’on ne veut pas voir

David Gauvin / 11 août 2020

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Le chômage de longue durée est souvent ce qui attend les jeunes qui sortent de l’école.

Ces jours-ci vont entrer en formation une génération entière de jeunes. Cette génération aura subi l’ensemble des réformes libérales de l’éducation pour soi-disant promouvoir l’employabilité.
Ainsi, afin de promouvoir une meilleure orientation des jeunes, on a inventé plusieurs plateformes dématérialisées dont la célèbre Parcoursup. De quoi s’agit-il ? Il s’agit pour un jeune de tracer son avenir 6 mois avant de passer les épreuves du baccalauréat et évidemment sous le contrôle et le stress de leurs parents. Comme pour un logiciel de remplissage d’avion il s’agit de faire correspondre la demande du jeune à l’offre de formation.

Ainsi, on fait subir la loi du marché aux jeunes en jouant leur avenir sur un clic. Mais l’offre est-elle cohérente face à la demande des jeunes. La question mérite d’être posée. Il suffit de voir les véritables stratagèmes mis en place pour obtenir le diplôme d’Etat d’auxiliaires de puériculture. Sur l’île, trois classes de 12 élèves existent, alors que les demandes sont légions. On établit des stratégies passant par la VAE, un CAP ou encore une passerelle. Il suffit aussi de constater le nombre de choix fait par défaut pour ne pas rester sans orientations comme des milliers de jeunes chaque année.

Il est maintenant à la mode de dire que l’offre de formation doit correspondre aux besoins des entreprises. Alors là on installe une confusion. L’Education nationale ne doit pas se substituer aux filières professionnelles. D’ailleurs le monde économique quand on lui laisse le pouvoir crée lui-même ses formations répondant à leur besoin, ce sont les Centres de Formation des Apprentis.

Au-delà la vraie question est le « génocide » mené contre la jeunesse. La jeunesse c’est l’espoir d’une vie meilleure, ce n’est pas le stress d’obtenir la formation que l’on veut suivre. La jeunesse est aussi un âge où l’on peut se tromper, c’est ainsi que l’on acquiert l’expérience. Mais ce monde libéral, ne veut pas laisser aux jeunes le droit de vivre, de rêver, d’inventer et ce dès son plus jeune âge.
Un autre monde est possible.

“Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme.” Albert Camus

Nou artrouv’
David Gauvin