Un vol légal ?

22 août 2007, par LB

Une des racines de la crise du logement social à La Réunion réside dans les hausses vertigineuses et incontrôlées du prix des terrains à bâtir. Des hausses dues à la spéculation, autrement dit à la récolte - sans travailler - d’un bénéfice sur un bien qu’on achète et qu’on revend en profitant de la loi du marché.
Ce système, qui permet d’accumuler des rentes en “dormant”, contribue à priver des dizaines de milliers de foyers du droit au logement. Le “JIR” d’avant-hier donne un nouvel exemple de cette réalité à travers une étude de l’Observatoire de l’immobilier réunionnais (OIR) sur l’inflation des terrains constructibles dans l’Est.

« Forts de la création de la zone franche urbaine, explique le responsable de l’OIR, les propriétaires fonciers ont cru pouvoir gonfler démesurément leurs prétentions en affichant des propositions allant jusqu’à 400 euros le mètre carré ». Conséquence : « les prix du foncier ont subi, depuis 2006, une hausse de 40 à 50 euros du mètre carré, ce qui reste considérable, pour atteindre des prix réels de 220 à 280 euros par mètre carré ».
On voit les effets catastrophiques de la logique libérale dans le foncier sur un territoire comme le nôtre. Sur fond de concurrence entre les demandes de terrains pour les logements et pour les activités économiques, les spéculateurs s’engouffrent dans la brèche, provoquant une pénurie gravissime de foncier à un prix compatible avec l’habitat social.

À cette bulle spéculative qui gonfle sans aucune limite, il faut bien mettre un coup d’arrêt. C’est par la loi qu’on peut stopper ce mécanisme qui détruit la société.
Une politique volontariste peut bloquer l’accaparement par quelques-uns de notre richesse commune. Ou alors, le vol devient légal...

L. B.


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