Une barque coule

23 novembre 2004

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La crise de la politique du logement social illustre parfaitement le divorce entre les discours des décideurs parisiens et la réalité. Prenons l’exemple de l’aménagement foncier, phase initiale de la construction de logements.
Dans la Charte réunionnaise de l’habitat, adoptée à l’unanimité en mai 2003 par les partenaires de cette politique - y compris l’État -, il avait été convenu de mettre en place un Fonds pour l’aménagement des quartiers (le F.A.Q.). Cet outil était destiné à lever le blocage numéro un constitué par l’aménagement des terrains à bâtir.

Près de deux ans après, non seulement le FAQ n’a pas été créé, cette proposition réunionnaise unanime a été écartée, mais encore le Fonds régional d’aménagement foncier et urbain (le FRAFU) est épuisé. On voit là l’écart entre un diagnostic partagé, une volonté proclamée d’y remédier et le fait qu’on y tourne le dos.
Tout se déroule comme si l’État voulait faire endosser par les collectivités locales - sous couvert de décentralisation - une charge de plus en plus lourde sur le volet “aménagement” du logement social.

Autre exemple : celui de la LBU (ligne budgétaire unique). Tout le monde est d’accord pour dire qu’il est urgent d’augmenter la production de logements sociaux neufs. Or, la diminution des autorisations de programme, et encore plus celle des crédits de paiement vont avoir pour conséquence de faire baisser le nombre de livraisons annuelles de ces logements.
Résultat : la barque du logement social coule inexorablement, année après année. Il faut sans tarder que le gouvernement réagisse.

L. B.


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Témoignages - 82e année


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