Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
1er octobre 2013, par

La semaine dernière à Stockholm, se sont réunis les chercheurs du Groupe de travail numéro du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat). Ils ont mis la touche finale à leur rapport qui a été rendu public vendredi. Hier à Paris, c’était la présentation officielle de ce document en présence de Rajendra Pachauri, le président du GIEC. Ce dernier était assis au premier rang, à côté de Paul Vergès, président de l’ONERC (Observatoire national sur les effets du changement climatique).
Si une telle présentation a eu lieu à Paris, c’est notamment parce que la France présidera en 2015 la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement climatique (UNFCCC). C’est sous la présidence française que devra se conclure, si tout va bien, un accord sur le climat qui remplacera le Protocole de Kyoto.
On se rappelle qu’en 2009, deux ans après la publication du précédent rapport du GIEC, les dirigeants du monde s’étaient donnés rendez-vous à Copenhague, au Danemark, dans le même but. Ils avaient échoué, et le Protocole de Kyoto a été prolongé de quelques années.
Entre 2007 et 2013, la crise environnementale s’est aggravée. Et les prévisions du dernier rapport du GIEC sont encore plus inquiétantes que celles de son prédécesseur. Si les grandes puissances continuent de consommer charbon et pétrole au même rythme, alors les températures augmenteront de 4,8 degrés d’ici la fin du siècle. Autant dire que les limites de l’incontrôlable seront franchies.
La responsabilité de la présidence française est donc clairement fixée. Elle ne peut pas se permettre d’échouer. Toute répétition d’un blocage comme à Copenhague ne fera qu’accélérer encore la crise.
Dans le monde, la France est aujourd’hui un petit pays de 60 millions d’habitants, soit à peine la population d’une province en Chine ou d’un État de l’Inde. Mais dans les négociations sur le climat, elle peut jouer un rôle de chef de file. Tout simplement parce qu’en 2001, ses parlementaires ont adopté à l’unanimité une loi faisant de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre une priorité nationale. Voilà qui a donné à ce pays quelques années d’avance sur ce plan.
Or cette avancée, elle le doit à un Réunionnais. Paul Vergès était alors sénateur. Il a réussi à rassembler tous ses collègues autour de cette cause. Cela a permis d’emporter la décision unanime des sénateurs et députés, de tous bords politiques. L’élu réunionnais a démontré que pour obtenir un tel résultat, pas besoin d’être dans un "grand" parti parisien. Car la justesse de la cause a permis de transcender tous les clivages. Cette idée du rassemblement est venue de La Réunion, elle a enrichi la République.
J.B.
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