Edito

Une menace d’incendie toujours pesante

Bertrand Ancelly / 10 septembre 2020

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C’est un scenario toujours plus sombre qui se dessine en Amazonie, qui avait déjà été touchée par de violents feux de forêt en 2019. Un été record pour les incendies en Amazonie. Triste record qui en dit long sur les conséquences de la déforestation. L’institue national de recherches spatiales du Brésil a en effet relevé pour juin 2020 une hausse de 19.5 % du nombre d’incendies par rapport à juin 2019, avec 2248 foyers détectés, le pire résultat enregistré en treize ans.

Dans la première dizaine d’août, plus de 10 000 incendies se sont produits en Amazonie, représentant une augmentation de 17 % en comparaison de l’année dernière à la même période, selon un rapport de Greenpeace. Chaque jour se sont 2 terrains de football qui partent en fumée selon ce dernier rapport. Les experts redoutent une crise environnementale inédite dans les prochains mois.

La crise sanitaire n’aide pas non plus. Les coupes budgétaires et le confinement ont restreint les leviers de protection de la forêt. Malheureusement, les bûcherons clandestins agissent toujours et envahissent les terres indigènes sans impunité. Ces incendies n’ont rien d’anormaux pour la période, car la saison des feux démarre tous les ans fin juillet et s’intensifie en août, mais rarement avec autant de violence. Des conséquences environnementales bien sur, mais ce n’est pas tout car la fumée se déplace. Les Brésiliens peuvent la respirer sur des kilomètres à la ronde. En 2019, les feux de forets ont plongé São Paulo dans le noir une journée entière.

A une échelle qui n’est pas comparable, la France connaît aussi des feux de forêt en été mais avec moins d’intensité. La situation devrait s’aggraver au Brésil dans les prochains mois, alors que la saison sèche a commencé au début de juin et que la déforestation croit toujours plus rapidement.

Ancelly Bertrand