Edito

Une nouvelle taxe ?

Bertrand Ancelly / 4 mars 2021

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Un drôle de paradoxe, le gouvernement veut encourager l’économie circulaire et de l’autre, il veut taxer les téléphones ou encore les ordinateurs reconditionnés. C’est une taxe qui fait hurler le secteur du reconditionnement. Le gouvernement veut faire payer une redevance de 4 % pour aider le secteur de la culture en difficulté. C’est une décision incomprise pour un secteur qui défend l’environnement et surtout le Made in France. Après tout, il fait cela depuis le début de son mandat, à savoir qu’il prend dans la poche gauche pour vous redonner la même somme dans la poche droite.

Malheureusement, cette taxe devrait concerner plus de 600 petites et moyennes entreprises qui seront menacées économiquement et pourraient mettre la clé sous la porte, car cette redevance serait rétroactive sur plusieurs années. Et surtout, le plus important à noter est que les consommateurs devraient subir de nouveau les frais de cette nouvelle réforme : cela représenterait 14 euros de plus sur leurs ordinateurs reconditionnés.

Ce qui est choquant, c’est que nous avons un gouvernement qui répète chaque jour que nous devons aller vers la relance de l’économie française en appuyant sur la transition écologique. Mais là, on parle de taxer l’économie circulaire. Chercher la logique ! C’est une vraie incohérence profonde. Cette réforme ne s’arrêtera pas aux objets reconditionnés, car elle souhaite étendre cette redevance aux Smartphones d’occasion, un marché en pleine expansion jusqu’ici préservé. Même si rien n’est encore fait, la taxation de ces objets reconditionnés ne verra aucune compensation pour la perte constatée à moins d’une opposition de la part de l’exécutif, chose qui pourrait se produire mais qui n’arrivera pas à se finaliser de part la majorité gouvernementale.

Nos entreprises vont fermer et mettre des centaines de personnes salariées au chômage. Le gouvernement va donc donner un avantage significatif aux filières étrangères. On va clairement perdre du terrain en France sur l’économie circulaire qui est pourtant nécessaire pour les années à venir.

Bertrand Ancelly